10.7.03

DAVID CASCARO : Mardi, Marie Labarelle assuré une visite de GNS avec un groupe de malades en hôpital de jour. Elle a rarement eu l'occasion de trouver des personnes aussi réceptives et enthousiastes. Il faudra nouer des relations plus durables avec ces publics.

Hier, mercredi, Nathanaelle a accueilli 5 enfants pour son atelier Tok tok construit autour du travail de Nathan Carter. Les enfants ont abouti à la création de plans de villes, mêlant deux et trois dimensions.

Nous traduisons le texte du film de Laura Horelli, constatant que de nombreux visiteurs ne maîtrisent pas l'anglais.

Hier soir s'est tenue la conférence sur les nouvelles technologies de la cartographie autour de la société NavTech. Trois entreprises étaient invités à présenter les différentes applications de ce secteur : l'une sur les commandes vocales, l'autre sur la gestion de flottes automobiles et la troisième sur les connexions téléphonie/cartographies. La présence de l'artiste Renaud Auguste-Dormeuil a favorisé l'expression du citoyen devant l'accroissement de ces prouesses technologiques. A l'aide de nombreuses animations visuelles, le public (une trentaine de personnes) pouvait se forger un avis: comment utiliser ces machines (GPS, téléphones portables, etc.) sans en être prisonnier? Dans quelle mesure ces systèmes de guidage ne présentent-ils pas seulement un paysage commercial (une station essence, un restaurant, etc.) très éloigné de la réalité physique et humaine d'un territoire ? Comme Marjetica Potrc qui constate l'absence des bidonvilles ou des favellas remplacés pudiquement par des espaces verts ou des espaces publics sur les plans des villes d'Amérique du Sud...

4.7.03

DAVID CASCARO : Nous avons validé hier le principe de mettre à disposition pour le public du Palais des fiches détaillant le travail des artistes de GNS. Tous les médiateurs sont sur le pied de guerre pour rédiger, relire, annoter ces documents qui permettront aux visiteurs ayant apprécié un travail d'en savoir davantage sur l'univers de tel artiste . Enfin, elles seront en accès libre sur le site internet du Palais dans la rubrique fiche artistes de la documentation.

GNS est le type même d'exposition (comme Wolfgang Tillmans) dans lequel les médiateurs ont du mal à se positionner physiquement. Les oeuvres étant principalement réparties sur les murs, tout corps, placé debout dans cet espace devient nécessairement très visible, interférant avec les oeuvres. Il s'agit d'être visible pour être disponible sans casser le bel effet rendu par l'agencement des oeuvres...

Une étude récente sur le discours des médiateurs dans l'exposition Hardcore nous incite à comparer les deux projets, qui ressemblent à leurs commissaires. Là où Hardcore était bruyante, GNS est silencieuse. Là où le cheminement du public était contraint par des oeuvres déposées partout dans l'espace dans Hardcore, le visiteur suit simplement les cimaises dans GNS.

Après un mois de quasi silence médiatique, une avalanche d'articles de presse vient nous fortifier (Technikart, art actuel, le journal des arts, etc.). Le plus intéressant est sans conteste celui de Bernard Marcadé dans Beaux-Arts Magazine qui pointe une des problématiques majeures de l'exposition que beaucoup de chroniqueurs ont éludée : qu'est ce que l'art a de spécifique à nous dire sur la réalité ? Il semble qu'au-delà de la simple thématique cartographique, Nicolas Bourriaud s'interroge sur la nature de l'art contemporain lui-même. L'exposition n'est qu'un prétexte pour (de nouveau) parler d'esthétique.

26.6.03

ELODIE COLLIN : Hier soir a eu lieu l’intervention de Dominique Gonzalez-Foerster dans le cadre de l’exposition GNS. Elle nous a présenté des diapositives de ses voyages, de Brasilia à Kyoto en passant par Shandigar et Istanbul. Ses expériences personnelles se présentent comme chez Pierre Huyghe sous la forme d’explorations, voire d’arpentages. Tous ces lieux avaient en commun la notion de ville nouvelle, ainsi que le parc vu comme « espace en pré-construction ». Des éléments que l’on retrouvait dans son œuvre présentée à la dernière Documenta de Kassel.
Cette conférence représente le « temps fort » de ces deux dernières semaines en ce qui concerne GNS. Il est vrai que depuis le retour de la Biennale de Venise, l’atmosphère au Palais est plus calme. Par ailleurs, comme nous en parlions avec Vincent, cette escapade de quelques jours à Venise a été aussi l’occasion de prendre du recul par rapport à l’exposition, une façon de se « rincer l’œil » en quelque sorte. Et ce fut plutôt excitant de re-visiter l’exposition à notre retour ; il nous a semblé la redécouvrir, d’une certaine manière, et parfois même considérer des œuvres sous un angle différent. Nous attendons tous avec impatience les articles de la presse…
A présent, avec Aurélie, nous commençons à travailler sur l’exposition de Pierre Joseph dont le vernissage est prévu pour le 1er octobre.


20.6.03

NICOLAS BOURRIAUD : Les jours passent, l’exposition est à peine ouverte qu’il faut déjà travailler sur les suivantes. Toute l’équipe était un peu en décompression, je pense que le Blog en a souffert. Le report de la table ronde consacrée à GNS (en septembre ?) nous a également privés d’un rebondissement.
Donc, nécessité d’un…
Rewind : le jour de la panne d’électricité ( vendredi 6 juin), la conférence de Pierre Huyghe était prévue à 20 heures ; comme il repartait pour Venise le surlendemain, Amiel, Vincent et moi devons donc enclencher un plan d’urgence : enregistrer la conférence à (quasi) huis clos, afin qu’elle puisse prendre place dans l’exposition. Il fait une chaleur caniculaire ce jour-là, l’électricité n’est toujours pas revenue, nous devons donc nous installer au Pavillon, Huyghe muni d’un laptop sur batterie, Mathieu filmant des plans de coupe lui aussi sur batterie, le son enregistré à partir d’une deuxième caméra. Vincent Honoré et son amie, monteuse professionnelle, se sont ensuite chargé de mettre son intervention en images et en son, et le résultat dépasse mes espérances. C’est brillant, clair, et cela ajoute indéniablement une nouvelle dimension à GNS (celle de l’expédition), qui sera renforcée le 25 par l’intervention, similaire, de Dominique Gonzalez-Fœrster.

À la Biennale de Venise, où une partie de l’équipe a passé trois ou quatre jours, je n’ai entendu que de bons échos sur l’exposition. Malgré cela, aucun retour presse pour le moment. Marie Messina, responsable médias du Palais, est sous pression. On a parfois l’impression que les journalistes sont plus prompts à nous sauter dessus lorsqu’ils estiment que quelque chose ne va pas que pour signaler les temps forts du Palais de Tokyo. Certains ne se déplacent même pas, comme s’ils savaient déjà ce qu’ils allaient voir. Paranoïa ?

La Biennale résume et accélère tous les tics et principes des années 90 : utopie seventies, relatif anonymat des propositions au sein d’accrochages chaotiques, désir d’agir concrétement sur le réel. J’ai parfois l’impresssion de revivre « Traffic » sept ans après, mais encore plus foisonnant. D’une certaine manière, GNS fait un peu contrepoids : il s’agit aujourd’hui de redonner du poids aux images et aux formes, pas de les alléger davantage. Il y a dix-douze ans, une exposition du type d’ « Utopia Station » aurait été critiquée de toutes parts (je me souviens des réactions outrées à « No man’s time » en 91 ou à « Il faut construire l’Hacienda » en 92) ; aujourd’hui, ce format est entré dans la norme. Il faut ouvrir de nouvelles voies. L’exposition de Troncy à Avignon ou GNS, curieusement, vont dans le même sens : rigueur de l’accrochage, les œuvres comme point de départ et pas comme point d’arrivée, un scénario précis.

Claire Staebler me raconte qu’à Venise, Sean Snyder comparait l’organisation et les conditions de travail de la Biennale à celles du Palais de Tokyo, disant qu’il avait vécu un moment formidable ici. Ca fait plaisir. Aleksandra Mir nous envoie aussi un mail hyper-gentil.

15.6.03

MARC SANCHEZ : Et oui Benjamin, le blog a été un peu déserté ces temps-ci... Pour cause de Biennale de Venise, bien sur, car une grande partie de l'équipe du Palais était à Venise cette semaine. Une Venise où il a fait très chaud - parfois au-dela de la limite du supportable dans les expositions et dans les pavillons... - où il y avait trop de monde. Car les "journées professionnelles" se sont transforrmées en grand vernissage mondain pour lequel chacun peut acheter un billet d'entrée et non plus une vraie rencontre entre tous ceux qui, dans le monde, travaillent sur le sujet... Une biennale difficile à voir dans ces conditions, il faudrait donc revenir si l'on veut voir les oeuvres correctement...
Donc, peu d'interventions sur le blog cette semaine... Mais il y a peut-être une autre raison à cela. Comme une difficulté a écrire d'une manière un peu "indécente", lue par tous comme si ces refléxions étaient si importantes qu'elles doivent être livrées à tous. Or ce n'est pas l'esprit de ce blog. Il ne s'agit pas d'y inscrire des phrases et des pensées inoubliables mais, bien au contraire, d'y faire état d'un quotidien, du quotidien du déroulement d'une exposition, de son parcours dans le temps et dans l'esprit de ceux qui l'ont construite et de ceux qui la fréquentent.
Alors on va essayer de s'y mettre vraiment. Sans quoi l'expérience aura été de peu d'intérêt. A très bientôt.

11.6.03

BENJAMIN BARDINET : Je viens de jeter un oeil sur le blog et c'est avec surprise que je constate que depuis le vernissage aucun événement n'est relaté. Or, pourtant, il me semble que le week-end fut quelque peu mouvementé...
Vendredi, 19h, en poste fixe à la caravane, mon ordi s'éteint brusquement : l'electricité quitte le paltok, il faudra attendre 24h pour la voir revenir. A noter que Youssef aura fait le guet toute la nuit avec pour tout matériel de survie deux bougies et comme seule compagnie deux sympathiques pigeons logeant au troisième.
Samedi donc, la conférence Pierre Huyghe déjà reportée de la veille a finalement lieu au pavillon face à un public restreint constitué pour la majorité de médiateurs soucieux de mieux médiater (scout toujours! l'équipe des médiateurs toujours prête à combler un vide).
Le dimanche les choses reprennent plus ou moins leur cours si ce n'est que le système électrique du toît de la verrière n'ayant pas fonctionné suite à la panne du samedi les espaces du palais se retrouvent jonchés de quelques flaques - finalement bien venues (d'un point de purement formel) au sein de l'expo gns.

7 Juin
ADELINE WESSANG : 17h 20. Je quitte mon domicile, situé à deux pas de Montmartre et me dirige vers l'arrêt du bus afin de me rendre au Palais de Tokyo. Au programme ce soir : la rencontre GNS organisée par Nicolas Bourriaud intitulée "L'art contemporain et la topographie" ainsi qu' une visite en anglais de l'exposition GNS réservée par un groupe de Néerlandais que je prendrai en charge.
17h 40. Mon téléphone sonne, à l'autre bout du fil Marie, une autre médiatrice qui m'annonce la fermeture exceptionnelle du Palais pour la soirée. En effet, la panne de courant qui paralyse littéralement le site depuis la veille au soir a contraint l'équipe à prendre cette décision. Je sors alors précipitemment du bus avant qu'il ne traverse les Champs Elysées et je rebrousse chemin, grimpant dans le bus qui passe en sens inverse.
18h. Retour à la case départ, je traverse le hall de mon immeuble quand mon téléphone sonne à nouveau : on me prévient que le courant vient d'être rétabli au Palais de Tokyo! Je me remets en route à la hâte, ma visite avec les Néerlandais étant prévue à 19h.
18h 15. Un autre coup de fil alors que je suis dans le bus, en route pour le Palais qui finalement ferme ses portes malgré tout. Déboussolée, je descends place Saint Augustin à la recherche de l'arrêt du bus qui me ramènera vers Montmartre.
18h 35. De retour chez moi. A priori, mes péripéties personnelles pour me rendre au Palais de Tokyo n'ont rien à faire sur ce blog. Mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser qu'elles étaient malgré tout liées à l'exposition GNS. Une heure et quart d'allers et retours entre Montmartre et les abords des Champs Elysées pour finalement ne jamais atteindre la destination initiale. Peut-être qu' il aurait été intéressant de suivre sur un écran mon trajet dans les rues de Paris en temps réel...

5.6.03

MARC SANCHEZ : Jeudi 5 juin, 18h41. A 19 h, vernissage presse, à 20h, vernissage public. Voilà, l'installation de l'exposition est terminée. Tout s'est plutôt bien passé. Quelques cafouillages, comme toujours, mais la gestion de plus de trente artistes simultanément, les problèmes de dernière minute, les ultimes modifications d'accrochage (très peu !), le matériel qui tombe en panne lorsque l'on en a pas envie, les grèves de transport, etc. Le quotidien de l'installation de toute exposition en fait, n'a pas débordé du cadre habituel. Les premières réactions du public dans 1/2h. Bien sur, ce n'est pas pendant les vernissages que l'on dit ce que l'on pense vraiment... Nous attendrons de lire la presse.

3.6.03

MARC SANCHEZ : J-2, beaucoup d'artistes sont arrivés aujourd'hui, l'expo GNS prend forme. Une exposition très "écrite" et dont le territoire de référence semble se dessiner clairement. Jusqu'à présent toutes les oeuvres évitent l'illustration littérale du concept avancé par le titre ou par la thématique annoncée. Un sujet dense et intéressant à creuser. J'espère que les rencontres-conférences offriront au public le développement souhaité.
Côté cuisine, tout est plutôt harmonieux et détendu. Mis à part les relations avec ArtFilms qui se tendent. Cet après-midi, comité de validation des programmes à venir. Jérôme, Nicolas, Eric et moi, Catherine absente pour cause de maladie (courage!). Tournoi de ping-pong chez BlackBlock, films sur Raymund Hoghe, défilé de mode, projets avec Synesthésie, soirée Sciences-Po/Ensba, les projets présentés ont été validés sauf la proposition d'ArtFilms de réaliser un DVD interactif sur GNS. Délais trop courts, trop peu de préparation, coût élévé, le projet nous semble hors sujet et bien éloigné des films sur les artistes exposés au Palais que nous attendons de cette collaboration. Nicolas semble avoir donné un accord de principe. Jérôme, Eric et moi sommes opposés.

DAVID CASCARO. : Petit tour de l'exposition avec cinq médiateurs (Benjamin G, Tanguy, Nathanaëlle, Raphaële et Adeline) à l'occasion de la réunion du mardi matin avec Vincent et Paloma puis Claire et Aurélie qui nous parlent chacun des artistes qu'ils ont suivi de plus près. Paloma et Vincent nous ont aussi présenté le catalogue de l'exposition et sont très fiers de l'iconographie historique. Ils ont réussi à convaincre de nombreux artistes de leur livrer des images rarement diffusées... Ce matin avant l'ouverture au public à midi, les oeuvres visibles sont celles de Nathan Carter, Marjetica Potrc, Simon Starling, Matthew Ritchie. Les pièces de Kirsten Pieroth, Franz Ackermann, Mark Lombardi sont visibles sous leurs protections plastiques. Pia Rönicke scotche ses posters et Peter Fend va et vient avec ses rouleaux de cartes sous le bras. Une zone spéciale a été aménagée pour cet artiste (déjà présent dans Hardcore) qui a besoin d'étaler tous ses documents au sol.
PALOMA SCHÖNWALD : Mardi matin, le catalogue circule. Les retours sont très positifs, il est agréable à regarder et répond en quelque sorte au suspens créé par GNS. C'est la première fois que je participe au montage d'une exposition et je trouve que c'est un moment fascinant. Les artistes commencent à arriver, ils interviennent, ils découvrent l'espace du Palais et comme disait Aurélie, les images que jusqu'à présent , nous avions vu format numérique, en hectachromes, en diapositives, photographies... prennent vie et sont d'autant plus vivantes et encore plus belles. Le montage est en route, un certain air de joie se respire au Palais même si les grèves ... Un survol du catalogue en parcourant les espaces de l'exposition avec quelques médiateurs et David. Le carnet de route se poursuit par l'intermédiaire du Blog, je me mets au cartels.

2.6.03

CLAIRE STAEBLER : le fichier illustrator d'Aleksandra Mir arrive in extremis ce matin de New York. Nous allons enfin pouvoir lancer l'impression des 10 000 exemplaires de sa carte "Naming Tokyo". Ce projet ambitieux aura été réalisé en un temps record. Peter Fend poursuit ses investigations entre Vienne, New York et Frankfurt, afin de trouver les cartes et les informations qui lui manquent pour compléter son installation. Il se décide finalement à les trouver sur place et part en expédition dans la capitale. Nous attendons impatiemment l'arrivée des oeuvres de Franz Ackermann.

MARC SANCHEZ : Lundi matin, 11h, réunion générale GNS. Nous sommes à trois jours de l'ouverture de l'exposition, beaucoup reste à faire, mais les jours à venir sont bien organisés et à peu près planifiés. S'il n'y a pas d'imprévu, nous devrions être dans les temps. La journée de demain s'annonce pourtant difficile : grèves de toutes parts, 5 artistes qui devaient arriver demain ne peuvent prendre leur avion car les vols sont annulés, on parle de grèves de douanes qui pourraient rendre problématiques certaines arrivées d'oeuvres... Laura Horelli, Nathan Carter sont là, mais c'est à partir de demain qu'il y aura beaucoup d'artistes. Les cartels d'oeuvres se préparent, les badges des artistes, les tickets d'accès au diner du vernissage, la signalétique murale, dernières mises au point, dernières variations d'installation, Peter Fend a enfin livré un dessin de l'installation de son mur. En haut, dans l'espace du Pavillon, rien ne semble avancer... Ils décident d'appeler leur projet "Raccourcis".
La TokyoNews 41 est enfin terminée. Trois jours de mise au point du contenu dans ses moindres détails et, ce soir, 16500 personnes la recevront, vont cliquer sur les liens, visiter le site GNS, lire ce blog, noter la date et l'heure du vernissage, peut-être commencer à répondre à la première question que nous posons sur le Forum GNS.

1.6.03

MARIA LETIZIA PROFIRI : Premiers constats d’arrivée des œuvres. Matthew Ritchie, déballage de l’œuvre en sintra et vinyle. Première constatation, la partie en sintra est plutôt mal emballée : adhésif à même certains éléments de l’œuvre, matériaux mal adaptés, tout cela est fait de façon plutôt artisanale. On me confirme que l’emballage a été réalisé dans l’atelier de l’artiste.
Julie Merethu, un grand diptyque exécuté avec une technique complexe, par stratification : toile/dessin/couleur/couche générale de résine/dessin à l’encre/parties peintes. Des parties en réserves rayonnent un peu comme dans les œuvres de Kandinsky réalisées dans les années 40. Un isorel est monté entre la toile et le châssis. Très bon état général.
Mark Lombardi, deux dessins au crayon sur papier. Sensible à la lumière. L’un deux est sous plexiglas anti uv. Bon état également.
Kirsten Pieroth, 4 bouteilles remplies d’eau de mer. L’une d’elles est jaunâtre. L’œuvre s’appelle « La couleur des mers » Mais le titre semble se référer plutôt à leurs noms : Mer Rouge, Mer Noire…
Arrivée de l’assistante de Matthew Ritchie, venue de New York pour installer l’œuvre en sintra et vinyle. Montage avec elle de la toile sur son châssis. Les instructions de l’artistes pour l’installation au mur sont précises au millimètre mais le travail est long et demande une expérience de la pose directe sur le mur. Début du travail cet après midi.

NICOLAS BOURRIAUD : Au Palais avec Nathan Carter, qui me montre des documents sur son travail, une impressionnante « boîte noire » qui irriguent ses œuvres.

EMILIE PITOISET : La TokyoNews est envoyée demain soir, le site y est annoncé officiellement. J’ai tout de même envoyé l’adresse à des ami(e)s qui ont des configurations différentes afin de rentrer dans une phase de « débugage » propre à chaque système…
Constat d’échange : 1 fausse alerte et 1 plugin pas chargé.

31.5.03

MARC SANCHEZ : Peter Fend est là depuis 5 jours. Arrivé lundi, il a immédiatement occupé l'espace en recouvrant le sol de dizaines de papiers de toutes sortes. Il est familier de la maison. On le croise un peu partout, souriant, aimable, toujours avec une nouvelle idée en tête à faire partager.
Pourtant son projet ne semble pas avancer beaucoup. On en parle depuis des semaines, il met en oeuvre des moyens de haute technologie, fait appel a des techniques qui sembles démesurées et l'on se demande ce qui va bien pouvoir en sortir. Il y a quelque chose de Raimond Hains chez Peter Fend, de son génie déroutant. Peter aime prendre le monde a bras le corps, se mesurer aux problèmes de la planête, recourir aux plus hautes technologies. Mais où va-t-il nous entrainer, qu'est-ce que tout cela va bien pouvoir produire ? Réponse le 5 juin...

CATHERINE SENTIS : Le quotidien « Le Monde » rend compte le 27 mai de la signature entre les quinze pays représentés au sein de l'Agence spatiale européenne (ESA), de l’accord permettant de donner un coup d'envoi officiel au projet européen de radionavigation par satellite, « Galileo ».
EADS, notre partenaire de l’exposition GPS, est fortement impliqué dans Galileo, et nous sommes très sensibles à ce succès européen, qui survient juste avant le vernissage de GPS.
Les dirigeants d’EADS avaient de multiples propositions de partenariats artistiques dont les thèmes pouvaient être en rapport avec le champ d’action de leur groupe. Ils ont choisi d’apporter leur concours au Palais de Tokyo, par choix d’engagement auprès de la création actuelle.
La recherche de partenaires privés est pour les institutions un travail souvent ingrat et décevant, surtout dans le domaine de l’art contemporain, auquel encore peu d’entreprises, surtout françaises, acceptent de se voir identifiées.
Nous nous faisons la réflexion que les collaborations réussissent avec les entreprises, précisément lorsque chaque partenaire parvient à comprendre et à s’associer aux enjeux et aux stratégies de l’autre. Quelque chose de la vie de l’institution artistique devient alors accessible à l’entreprise, mais l’institution elle-même se trouve accéder à la vie de l’entreprise. ..

AURELIE VOLTZ. : Première arrivée : Karen Leo, l’assistante de Matthew Ritchie, aussitôt sur place, se met au travail. Il faut tendre la toile sur châssis, étaler au sol l’œuvre sur émail qui se compose de plusieurs parties et les assembler, tel un puzzle au mur à l’aide d’épingles, coller au mur le dessin sur vinyle. Un montage très minutieux qui prendra environ 4 jours. Cécile et Solen prennent soin de désigner des monteurs patients qui aiment le détail pour aider Karen.

NICOLAS BOURRIAUD : Arrivée de Nathan Carter ; il passe boire un verre à la maison vers 22 heures, et découvre le catalogue. Longue discussion sur le déclin de la scène new yorkaise, la fermeture imminente de la Dia Foundation — qui m’est annoncée le jour même par un coup de fil de Pierre Huyghe — et les groupes punk de 1977.

30 mai
VINCENT HONORÉ. : Les 500 exemplaires du catalogue sont arrivés. On attend les réactions de l’équipe. J’apprends le décès de Pierre Restany, on lui avait fait parvenir la maquette du livre la veille de sa mort. C’est un vendredi étrange.

AURELIE VOLTZ. : Elodie et moi vérifions une dernière fois les arrivées et départs des artistes. Il s’agit de s’assurer que chacun ait bien son billet, sa chambre d’hôtel et ses per diem.
Laeticia, notre restauratrice, procède au constat méticuleux des œuvres. Il s’avère qu’une œuvre de Matthew Ritchie n’est pas si bien emballée, les scotch, trop nombreux et trop forts, déchirent le dos d’une œuvre sur émail. Elle remarque également un léger enfoncement dans un dessin de Mark Lombardi, qui est antérieur, (heureusement !) pas dû au transport.
L’accrochage du vélo de Simon Starling s’avère plus complexe que prévu. Gabriel a besoin de plus de temps pour trouver un équilibre entre les deux parties du vélo, trouver le bon emplacement et la hauteur. Je passe un coup de fil à Simon Starling qui est déjà sur le montage de la Biennale de Venise pour lui demander à quelle distance du mur le vélo doit se placer. Il ne viendra pas pour le montage de GNS. Nous devons nous débrouiller sans lui, faire au mieux, aussi à notre idée.

ÉMILIE PITOISET : le site prend vraiment forme à l’heure d’aujourd’hui. Nous devons nous voir pour faire un point sur le blog. Il faut que chaque membre de l’équipe soit autonome afin de laisser libre cours au suggestion d’écriture de chacun.

29.5.03

MAI 2003

28 mai
NICOLAS BOURRIAUD. : Pierre Joseph est au Palais de Tokyo. Nous exposons son « plan du plan du métro », qui a déjà été montré au Musée d’art moderne, juste en face. Pourquoi ne montrerait-on pas encore une bonne pièce, dont le sens, de toute manière, sera infléchi par le contexte ?
Le dîner du vernissage n’aura sans doute pas lieu dans le nouveau restaurant, comme c’était pourtant prévu. Naia Sore s’arrache les cheveux.

AURELIE VOLTZ. : Toutes les œuvres sont là. L’équipe de l’exposition descend dans les espaces à l’ouverture des caisses, impatients de découvrir ce qu’on avait vu jusqu’ici en jpeg. Cécile prend des photos, répertorie chaque emballage, et emplacement des pièces en caisse. Par ailleurs, la maison prend forme, je prends quelques photos du chantier avec les maîtres d’œuvres Laurent, assisté de Gabriel, pour les envoyer à Marjetica Potrc, ainsi que son architecte Hubert Klumpfner. Ils semblent ravis, ouf, ce n’était pas évident. Marjetica achève de nous donner quelques conseils et précisions, une fenêtre à creuser ici, un tuyau à intégrer là.

DAVID CASCARO. : Nicolas rejoint notre réunion du mercredi matin et présente ses attendus. Il n'est pas ennuyeux de le réécouter présenter son exposition. Il semble très enthousiaste et communicatif. Puis Aurélie prend le relais et nous fait découvrir les artistes qu'elle a suivis. Raphaële, Didier, Benjamin et Daphné sont attentifs. Comme tous les médiateurs, ils sont ravis de découvrir un nouveau projet d'exposition, et d'autant plus qu'en ce moment le Palais ne propose que G.Paris et L.Nilsson.

CLAIRE STAEBLER: Toujours aussi inattendu Peter Fend arrive ce matin via Zurich au Palais de Tokyo. Nous nous mettons immédiatement au travail avec Nicolas qui lui indique son emplacement dans l'exposition. Par chance les images SPOT commandées arrivent au même moment. Malheureusement ses oeuvres sont toujours bloquées par les douanes en Suisse et les transporteurs nous assurent une livraison pour le 6 juin !!!! soit le lendemain du vernissage... Cécile reprend les choses en main et obtient une livraison pour le 3 juin 2003.

27 mai
DAVID CASCARO. : A l'occasion de notre réunion du mardi matin, nous discutons ensemble avec Marie et Marion des enjeux de GNS. Je demande à tous les médiateurs de rédiger une fiche sur chacun des artistes de l'exposition qui sera mise en ligne sur le site du Palais et qui permettra d'approfondir ses connaissances. La proposition de Marc de poser une question par semaine sur le forum de l'expo nous plaît bien mais les médiateurs pensent que l'expo doit être achevée pour pouvoir bien en parler.

26 mai
AURELIE VOLTZ. : L’espace est vide, le montage peut commencer. L’équipe des monteurs, composée de 8 personnes pendant 15 jours est en place. Les premiers chevrons sont posés pour la charpente de la maison de Marjetica Potrc. Le chantier sera sans doute sans relâche jusqu’au vernissage.

NICOLAS BOURRIAUD : montage de la construction de Marjetica Potrc. La première pièce est la plus importante, et celle-ci ne pourra plus bouger. Si elle est mal disposée, tout sera faux.

24 mai
NICOLAS BOURRIAUD : Avignon, où je vois la très belle exposition d'Eric Troncy, «Coollustre ». Un peu comme dans « Shortcuts », ce film de Robert Altman qui se développe à partir d'un casting, son exposition se déroule par séquences, chaque salle se construisant elle-même à partir d'un montage-confrontation, d'un scénario ultralight qui laisse sa chance aux oeuvres. GNS, comme la plupart des expositions dont j'ai été le commissaire, se développe comme une « variation autour d’un thème ». Produire la plupart des œuvres des artistes signifie aussi accepter de perdre le contrôle. Chez Eric, il y a une obsession du contrôle qui le rapproche davantage d’un Stanley Kubrick de l’exposition. Même si j’adore Kubrick, il est clair que mes modèles de travail se rapprochent davantage de Godard ou Rivette. Ou alors, mais là il faudrait davantage de moyens, le Moretti de « Palombella rossa » : un plan unique (dans le film, la piscine) autour duquel s’articuleraient des « scènes » hétérogènes.

23 mai
MARC SANCHEZ : Petit coup de tonerre dans l'exposition GNS, Bureau d'Etudes se retire de l'exposition ! Ils ont envoyé une lettre ouverte à Nicolas (ainsi qu'à toute la presse, très certainement) expliquant les raisons de leur défection. A la lecture de la lettre, les arguments semblent demesurés par rapport à la situation : depuis la situation des opposants à la guerre du Vietnam jusqu'à la politique générale du Ministère de la Culture, les arguments ratissent plutôt large et, je dois le dire, sont assez peu convaincants...
Par contre, une seconde lettre, jointe à la première, à l'avantage de proposer des détails plus concrets : impossibilité de s'entendre avec Nicolas sur le contenu même du projet (dans ou hors du Palais ?), rémunération des artistes trop basse, budget de production jugé dérisoire par les artistes, per diem trop faible au regard du travail, nous sommes là au coeur du problème, semble t-il. Pas d'entente avec les artistes de Bureau d'Etudes, donc. Dommage que ceci arrive à 5 semaines du vernissage. Nous nous posons tous la question : comment se fait-il que nous soyions arrivés à un tel malentendu entre Nicolas et ces artistes ? Pourquoi rien de tout ceci n'est parvenu jusqu'à nous auparavant ? Tout le monde savait que les artistes de Bureau d'Etudes n'ont pas la réputation d'être faciles... Mais alors pourquoi ne pas avoir pris plus de soin dans la préparation de ce projet ?

AURELIE VOLTZ. : Réunion sur la mise en place du site GNS réalisé par Emilie Pitoiset. Elle nous supplie de lui remettre les notices sur les artistes et les œuvres présentées dans l’exposition au plus vite pour une mise en ligne dès le 26 mai. Je manque de temps pour rédiger les notices, Elodie Collin (mon assistante) prend heureusement le relai.

EMILIE PITOISET : nous sommes le 23 mai, je commence à m’inquièter pour le site, la date de mise en ligne est fixée aux environs du 5 juin, il nous reste plus trop de marge de manœuvres. L’intégration des documents commencent à devenir urgente, Vincent et Paloma se concentrent sur les photos et les légendes et, Élodie, Aurélie et Claire m’approvisionnent en notices et CV d’artistes.

21 mai
NICOLAS BOURRIAUD. : Réunion autour du plan d'accrochage de GNS, constellé de gommettes de couleur portant le nom des artistes. Eric Binnert nous rappelle que le mur intérieur de la salle sous verrière présente un risque de fuite d'eau, impossible donc d'y accrocher quoi que ce soit qui ait de la valeur sur une surface de dix mètres. Ma première idée était de jouer sur l'alternance droite-gauche, raté. Certaines pièces murales sont trop prenantes pour pouvoir se côtoyer (Ritchie, Carter, Ackermann, Mehretu) : il faut les répartir, et les faire résonner en amenant le visiteur à changer de focale constamment. La profondeur de Carter, puis les fins diagrammes de Lombardi. Et surtout, ne pas isoler la vidéo de Laura Horelli, à présenter comme un tableau. En exergue, deux pièces : « l'Atlas » de Wim Delvoye, unique lieu imaginaire de GNS, et la cartographie politique de Peter Fend/ Ocean Earth. J'aime beaucoup que celui-ci ait également participé à « Hardcore » qui vient de finir (avec une pièce prêtée par le FRAC Poitou-charentes). Un soir de l'automne dernier, Jérôme et moi l'avons invité simultanément aux deux expositions.

AURELIE VOLTZ. : Nous nous assurons de l’arrivée des œuvres avec Cécile Allouis, régisseur adjoint et son assistante Solen Faou. Deux gros transports ont été organisés depuis New York et Berlin avec de nombreuses caisses à construire pour les œuvres de Matthew Ritchie, Nathan Carter et Mark Lombardi. Au grand désespoir de la régie (et de nous tous), le transport par bateau, qui prend un mois, a été mis de côté : Matthew Ritchie a fini sa toile seulement mi-mai. Pas d’économie possible là-dessus. La toile a été roulée à peine finie et hop ! tout en avion pour Paris.

16 mai
AURELIE VOLTZ. : Nous nous réunissons avec Eric et Laurent afin d’étudier l’accrochage de la pièce de Simon Starling. Un vélo suspendu à hauteur de tête, coupé en deux, l’avant et l’arrière étant reliés sur une distance de 10 mètres par des câbles. Eric suggère de l’accrocher aux fermes du bâtiment et nous rappelle qu’il est fortement déconseillé de faire un trou au sol. Simon Starling souhaite en effet créer un effet de balancement en faisant passer les câbles par un crochet fiché dans le sol : il faudra donc trouver une solution.


13 mai
AURELIE VOLTZ. : Francesco Careri, qui représente le groupe d’architectes Stalker, vient à Paris nous parler du projet de voyage entre Rome et Istanbul. Il s’agit de parcourir la distance qui reliait jadis les capitales occidentales et orientales, la via Egnatia étant une route romaine empruntée depuis la chute de l’empire ottoman jusqu’à aujourd’hui par de nombreux réfugiés. Ce voyage vise à collecter des récits personnels d’Albanais, Arméniens, Grecs, Kurdes, Afghans etc. pour les graver sur des pierres. Si ce voyage a marqué les débuts de la mise en place de GNS, il reste encore à trouver une forme pour l’exposition. Comment parler d’un voyage ? Sachant qu’il aura lieu en juillet 2003, comment expliciter au public son déroulement ? Comment faire part des témoignages de réfugiés ? Doit-on exposer les 900 pierres gravées ? Ou doit-on s’en tenir à un dispositif simple ? Sur les conseils de Nicolas, Francesco renonce à exposer les pierres et se recentre sur une carte qui permettrait au public de suivre leur voyage. Reste à convaincre le reste de l’équipe qui, alliée pour ce projet à celle de l’Osservatorio Nomade, comprend 40 personnes ! Quant aux récits qu’il faut faire entendre, les walkmans mis à disposition dans l’espace ne semblent pas la meilleure solution. La concentration n’est au plus fort que lorsqu’elle est aidée par l’image. Ils concluent donc sur une vidéo.


06 mai
VINCENT HONORÉ. : Remise de la maquette aux Éditions Cercle d’art. Bernard Champeau, responsable de la fabrication, vérifie tout. Sophie intègre les images haute définition. La maquette part en impression.

DAVID CASCARO. : Le journal du Palais dessiné par Willy sort aujourd'hui avec sa couverture gaie et estivale...

AVRIL 2003

30 avril
AURELIE VOLTZ. : C’est décidé depuis déjà un bon mois : l’entreprise NAVTECH finance les tables rondes de GNS ainsi qu’une édition de 5 cartes de Paris faites par des artistes. Bertrand Lavier et Samon Takahashi puis Kristina Solomoukha et Franck Scurti, pour qui la capitale n’a plus de secret, sont invités à travailler à partir des fichiers de cette société …. pour nous donner leur vision de Paris. Nous nous réunissons avec Frédéric Grossi, en contact avec Navtech et Black Block. Je me charge de faire le relai avec les artistes et le graphiste du Palais de Tokyo, Willy, qui aura du fil à retordre avec les fichiers très lourds qui nous sont fournis ainsi que des plans sans indication de rue…

29 avril
DAVID CASCARO. : Discussions mouvementéées entre Jérôme, Nicolas, Naïa, Marc et moi pour définir la couverture du journal du Palais qui devra être consacrée à GNS. Le gagnant est : la bicyclette de Simon Starling!

28 avril
NICOLAS BOURRIAUD. : Lancement des plans de Paris, avec André, l'âme de la boutique du Palais de Tokyo, Blackbloc. Navtech accepte de nous fournir les fonds de plan dans le cadre de notre partenariat.
Il faut attendre de clore le budget pour savoir si Pierre Joseph, qui ne participe à l'exposition pour le moment qu'avec son «Plan de métro », pourra ou non réaliser son floor-drawing.
28, deux jours de relecture des épreuves du catalogue. Sophie Toporkoff, déjà maquettiste de celui de Hardcore, a fait un travail étonnant. Sobre, nerveux.

VINCENT HONORÉ. : Relecture du catalogue. Toute l’équipe s’y met. Sylvie Poignet fait une relecture professionnelle pour les Éditions Cercle d’art.

24 avril
VINCENT HONORÉ. : Nous devons terminer la maquette. Sophie a tout de suite compris, avec beaucoup d’intelligence, le projet global de GNS. Reste à équilibrer certaines parties, à revoir le rythme des images. On Kawara répondra directement au titre de l’essai de Christophe Kihm. Il ne devait y en avoir que deux, nous mettons les trois cartes d’Art & Language, qui se succèdent. C’est finalement la carte du monde érotique qui sera en pleine page chez Pierre Joseph, et nous réajustons les images de Mark Lombardi... Et ainsi pour les 232 pages du catalogue.

DAVID CASCARO. : Je discute avec Willy et Vincent pour déterminer l'iconographie qui illustrera l'interview de Nicolas dans le journal du Palais.

18 avril
VINCENT HONORÉ. : C’est aujourd’hui que tous les éléments du catalogue doivent être réunis. C’est utopique. John O’Toole, le traducteur anglais, fait un travail admirable, comme toujours.

15 avril
VINCENT HONORÉ. : Martine Aboucaya, de la galerie Yvon Lambert, nous téléphone : On Kawara est à Paris, il accepte de nous laisser reproduire Location (1965).

14 avril
DAVID CASCARO. : Je passe presque la journée entière à retranscrire l'interview de Nicolas, casque sur les oreilles. Cela fait 20 000 signes, il faudra certainement couper dedans.


11 avril
DAVID CASCARO. : Je passe environ deux heures à interviewer dans l'après-midi Nicolas, avec un minidisc du Pavillon, pour le journal du Palais. C'est l'occasion de parler avec lui du projet de l'exposition mais aussi, plus généralement, de sa conception du rôle d'un commissaire d'exposition. Il est toujours parfait dans la position de celui qui transmet la parole.

CLAIRE STAEBLER.: Aujourd'hui démarre la collaboration entre Peter Fend et SPOT images. La société SPOT, basée à Toulouse, fournira dans le cadre d'un partenariat trois images satellites à Peter Fend en fonction de ses besoins. Peter Fend commande une image de la baie de Dublin, une image de Harper Dry Lake et une image de la région de Buraydah. Nous communiquons ensemble depuis l'Irlande où il travaille entre autre à ce projet. Ses indications, comme toujours, sont très délicates à manipuler. Il faut s'armer de patience...

10 avril
VINCENT HONORÉ. : Le Walker Art Center nous autorise à reproduire un Spatial Poem de Mieko Shiomi de 1972. Nous recevons le pli. A l’intérieur, c’est une autre œuvre...

09 avril
NICOLAS BOURRIAUD. : Le 9, Marjetica Potrc passe la journée au Palais de Tokyo. Après avoir défini les contours de son projet, elle nous raconte, Marc, Aurélie et moi, ses projets à Caracas.

AURELIE VOLTZ. : Au cours du déjeuner, de croquis en croquis, Marjetica Potrc nous explique comment elle souhaite que nous construisions sa « Growing House ». Elle donne les grandes lignes : 3 étages, une maison que l’on peut traverser, qui donne l’illusion d’avoir été construire à la hâte, avec des matériaux trouvés sur place. Briques, parpaings, caisses de bière, tôle ondulée et bidons en guise de réservoir d’eau seront les matériaux de base. Il faut ensuite que l’équipe des monteurs fasse à son idée, car la maison ne prend sens que si elle ressemble à celle qui l’a construite. Laurent Guy, notre régisseur technique, prend la construction en main, nous consultons avec Marjetica Potrc les architectes du Palais de Tokyo, Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal afin d’étudier les problèmes de poids dans l’espace de la verrière qui ne peut supporter que 500 kg au m2. Eric Binnert, régisseur général , donne ses derniers conseils et valide le projet. Avant son départ, Marjetica Potrc nous montre encore de nombreuses photos de favelas. Son site est copieusement documenté de ces images de bidonvilles prises lors de ses multiples voyages, notamment à Caracas ; nous nous imprégnons ainsi peu à peu de cette « esthétique précaire ».

VINCENT HONORÉ. : L’économie générale du catalogue se dessine. Chaque artiste est mis à contribution, et nous décidons de rythmer le tout en évitant les systématismes. Ainsi, les textes sont très différents les uns des autres (un entretient pour Franz Ackermann, une lettre pour Pierre Huyghe...). Nous décidons de ne retenir que les œuvres directement en relation avec les thématiques de l’exposition. Reste à ordonner les images de la partie introductive. Nous décidons d’être un peu ludique. L’œuvre de On Kawara, Location, représente un point sur la terre, réel, mais en un sens c’est un non-lieu : il est situé en plein désert. Location répond donc à la carte d’Art & Language qui ne cartographie rien si ce n’est un plan d’eau du Pacifique. On a l’eau, la terre, reste le ciel ! Ce sera une planche d’un Atlas incroyable du XIXe, une carte du ciel, qui rappelle une autre carte d’Art & Language, une grille. Stanley Brouwn et Guy Debord fonctionnent bien ensemble (l’errance) et font échos à Cadere, au journal de bord de Sir Francis Drake, ou aux marches de Richard Long. Les formes de Boetti et de Map to not indicate se répondent aussi. Les couleurs de Peter Halley et celle de la photo de la préfecture de police sont étonnamment proches. Les citations aussi sont ludiques : celle d’On Kawara sera un pied de nez.

08 avril
VINCENT HONORÉ. : Stanley Brouwn répond à mon courrier : je reçois une œuvre originale.

CLAIRE STAEBLER.: Bonne nouvelle: Zenrin accepte de nous aider pour le projet d'Aleksandra Mir en nous fournissant les documents necessaires pour la réalisation de la carte. Henrik Olesen me demande des informations sur le PACS ainsi que sur les possibilités d'adoption et d'insimination artificielle pour les lesbiennes en France. Sa proposition pour GNS traitera des droits des homosexuels autour du monde.

07 avril
VINCENT HONORÉ. : On Kawara est en France, Frank Gautherot nous dit qu’il le rencontre et lui parle de notre projet.

03 avril
VINCENT HONORÉ. : Une galerie londonienne nous informe qu’On Kawara n’est pas intéressé au projet, et qu’il décline notre invitation. Mais nous tenons absolument à reproduire Location de 1965, l’unique œuvre de ce type qu’il ait faite.

AURELIE VOLTZ. : Les artistes du Pavillon, invités quelques semaines plus tôt à participer à GNS viennent un à un nous présenter leurs projets personnels. Lucas Mancione s’oriente vers l’idée de territoires musicaux, si le support semble assez clair (papier calque), il lui faut encore trouver une forme pour les représenter. Quentin Armand nous parle de son livre déjà bien entamé, le « Survival Guide to Boat-People » réalisé avec un ami, dont il souhaite pouvoir présenter les premiers exemplaires à l’occasion de l’exposition. Andreas Fogarasi, qui a un projet plutôt ficelé autour de la ville-état d’Andorre, qui sera exposé simultanément dans une galerie à Vienne, nous soumet les détails de la production de sa pièce. Angela Detanico et Rafael Lain, les graphistes du Pavillon, souhaitent présenter leur nouvelle typographie « Utopia » faite d’éléments architecturaux et urbains brésiliens. Voilà un projet qui nous semble parfaitement « coller » au sujet de GNS. Gabriela Vanga, qui parle au nom de «Version », un gratuit créé depuis plus d’un an avec les artistes roumains Mircea Cantor et Ciprian Muresan, nous propose de publier un numéro spécial de Version pour GNS, qui pourrait être accompagné de conférences. Et d’une carte où les pays et les longs courriers pourraient être déplacés à souhait. Un projet ambitieux qui, malheureusement, ne pourra pas voir le jour faute de budget. Quant à Adriana Lara, elle met au point un projet qui prend pour point de départ les artistes invités de GNS. Elle les questionnera tour à tour sur le sujet suivant : ont-ils déjà aperçu à l’autre bout du monde un projet similaire à celui qu’ils développaient alors ? Et si oui, de quel artiste s’agit-il ? Les personnes nommées seront interrogées à leur tour. L’idée est intéressante mais assez risquée, le résultat des recherches dépend du bon vouloir de chacun. Et quelle forme cela prendra-t-il dans l’exposition ?

01 avril
CLAIRE STAEBLER. : première rencontre avec Jean-Paul Lacombe de la société Zenrin pour le projet d'Aleksandra Mir. Nous lui exposons rapidement le projet global de GNS puis plus particulièrement la proposition de l'artiste. Nous comptons sur Zenrin pour nous fournir un fond de carte de Tokyo et pourquoi pas une aide pour éditer une véritable carte de Tokyo "revisitée" par l'artiste. Notre interlocuteur fait preuve d'une très grande disponibilité mais semble effrayé par les délais, persuadé que ses collègues japonais auront besoin de plus de temps pour réagir...Nous décidons de nous reparler la semaine suivante.

MARS 2003

28 mars
VINCENT HONORÉ. : Stanley Brouwn ouvre une exposition au Casino Luxembourg. On tient à reproduire This Way Brouwn, une série de 1961. Mais sa galeriste nous dit qu’il refuse, désormais, toute reproduction de ses œuvres. Le catalogue de sa prochaine exposition sera, paraît-il, totalement blanc...

EMILIE PITOISET : Rendez-vous à 12h avec Nicolas pour lui montrer l’architecture et la maquette globale du site.

27 mars
VINCENT HONORÉ. : Julia Scher nous envoie des images et ses catalogues.

24 mars
CLAIRE STAEBLER.: Aleksandra Mir fait l'aller-retour de Zurich pour venir nous rencontrer au Palais de Tokyo et parler de son projet. Elle nous propose au cour d'un déjeuner de réaliser une carte de Tokyo dont les rues seraient renommer par des noms occidentaux. Un projet titanesque qui demanderait la participation de tout son entourage. La première difficulté consiste à trouver le fond de carte muet qui permettra à un graphiste d'intégrer les nouveaux noms. Nous contactons immédiatement Zenrin, une société spécialisée en carte du Japon.

20 mars
VINCENT HONORÉ. : Alice Debord nous écrit et nous accorde l’autorisation de reproduire The Naked City. Thomas Hirschhorn envoie les documents qu’il souhaite voir reproduits dans le livre : et nous voilà devant 4 grands collages originaux.

17 mars
VINCENT HONORÉ. : Une œuvre incroyable de Boetti, la première de ses cartes. L’œuvre est en cours de restauration (elle est dans un état désastreux) et a été redécouverte récemment. On nous offre une image d’époque !

PALOMA SCHÖNWALD. : Richard Long est d’accord pour que son œuvre soit inclue dans l’iconographie du catalogue.

13 mars
VINCENT HONORÉ. : Quatre œuvres de Mark Lombardi sont disponibles pour l’exposition, il faut faire un choix.

11 mars
VINCENT HONORÉ. : Avec beaucoup de gentillesse, Ghislain Mollet-Viéville nous ouvre ses archives. Nous reproduirons trois cartes fantastiques d’Art & Language, et une image de Cadere. Il me demande pourquoi Stanley Brouwn ne fait pas partie de notre choix.

05 mars
VINCENT HONORÉ. : Un fax de New York. C’est Dennis Oppenheim. Nous sommes très émus en voyant sa signature. Il nous propose One Hour Run.

04 mars
NICOLAS BOURRIAUD : le 4, déplacement à Sceaux avec Frédéric Grossi afin de visiter les locaux de Navtech, une entreprise de cartographie, possible partenaire de l'exposition.
GPS doit changer de titre, pour des raisons de propriété industrielle, dans un contexte de concurrence entre le système américain et le Galileo européen, exacerbé par les tensions franco-américaines autour de la guerre en Irak: dans l'urgence, on tombe sur « Atlas », qui, trop générique, tient une journée. C'est la première fois que je change de titre en plein vol. Peter Fend m'abreuve d'e-mails en faveur de « Territoires ». Puis je tombe sur le système GNS ( global navigation system) en surfant sur le site internet de Spot Images. L'idée, après tout, était de donner à cette exposition un titre énigmatique, qui n'offre pas ou peu de repères. Un titre qui désoriente.
Boris Achour revient d'un long séjour au Japon. Il vient de nous envoyer un projet, sur ma demande. Après réflexion collective, il apparaît que son projet, un large walldrawing, aux couleurs de ces magasins japonais ouverts toute la nuit, fonctionne mal lui aussi dans un contexte de plus en plus chargé. Il aurait fallu l'impliquer davantage.
Autre regret : Nathan Coley, dont j'ai rencontré le travail un peu trop tard. De plus, j'ai mis longtemps avant de mettre la main sur ses coordonnées, fournies par Barbara Steiner.
24, arrivée d'Aleksandra Mir. Après des dizaines d'aller-retours par e-mails, elle vient de trouver son projet : « Naming Tokyo ». Un déjeuner avec elle, Marc, Claire et moi finalise l'opération. Il s'agit de trouver un cartographe japonais. Navtech nous suggère d'appeler Zenrin, le Michelin d'extrême-orient.

VINCENT HONORÉ. : Antoine Picon, historien, accepte : il contribuera au catalogue.

FÉVRIER 2003

28 février
VINCENT HONORÉ. : L’exposition Hardcore est ouverte : nous nous mettons à GNS. Paloma et moi devons réunir une iconographie historique cohérente. La première chose à faire est de se familiariser avec le thème, et avec l’orientation générale que Nicolas veut donner au projet. Lectures de textes (celui de Nicolas, mais aussi Robert Smithson, Francesco Carreri, Antoine Picon, le catalogue du CAPC sur les années 70...). Paloma fait des choix judicieux, elle tient à intégrer Richard Long. Je lui promets du champagne et des fraises si elle parvient à le convaincre.


NICOLAS BOURRIAUD : 27, vernissage de l'exposition de Jerôme, « Hardcore ». Certains artistes pourraient faire partie de GPS, l'inverse est tout aussi vrai.

PALOMA SCHÖNWALD. : Pendant les deux premières semaines de février, Sophie et moi, juste intégrées à l’équipe du Palais de Tokyo, commençons la recherche des possibilités d’images pour le catalogue de GPS. Le reste de l’équipe cours partout, bientôt ce sera le vernissage de Hardcore. Je dois partir une semaine pour un cours intensif à la fac, je reviens et Sophie n’est plus là, elle tombe malade et est obligée de partir chez elle.

20 février
VINCENT HONORÉ. : Philippe Rekacewicz, géographe et contributeur permanent au Monde Diplomatique, accepte avec beaucoup d’enthousiasme d’écrire un texte pour le catalogue.


NICOLAS BOURRIAUD : Le 18, déjeuner avec Michel Gonbert, vice-président d'EADS, en compagnie de Pierre Cornette de St Cyr, fraîchement nommé au conseil d'administration du Palais de Tokyo, qui s'est dépensé sans compter pour nous présenter des partenaires à un moment difficile.

NICOLAS BOURRIAUD : Réunion avec les artistes du Pavillon, pour leur proposer de participer à l'exposition à titre à la fois collectif (le projet « Delta ») et individuel, sur projet.

JANVIER 2003

NICOLAS BOURRIAUD : Nous avons la possibilité d'accueillir dans l'exposition une pièce monumentale de Björn Dalhem, dont je suis le travail depuis un bout de temps - « Space club #5 », achetée par le FRAC PACA. Mais là encore, comme pour Sam Durant, son travail ne fonctionne pas dans l'ensemble. Une oeuvre basée sur la cosmographie tirerait l'ensemble vers une sorte de panorama,
Mauvaise nouvelle : décidément, Francis Alys ne pourra pas participer, malgré les efforts de son galeriste Peter Kilchmann pour trouver des solutions. Du coup, la liste est à nouveau déséquilibrée.
Sophie von Olfers, qui devait travailler directement avec moi, tombe gravement malade ; elle doit rentrer à Frankfort, sans grand espoir de pouvoir revenir à temps pour remplir sa tâche.

DÉCEMBRE 2002

NICOLAS BOURRIAUD : Henrik Olesen, un des premiers artistes sur ma liste, me demande pourquoi Kirsten Pieroth n'y figure pas. Je n'y avais simplement pas pensé. Il m'envoie un e-mail pour plaider sa cause ; il me convainc tout à fait. Je regarde des photos, des catalogues, je surfe sur internet. C'est évident. Étrangement, je n'avais pas fait le rapport entre les pièces que j'avais vues de Pieroth et le thème de GPS. Sean Snyder, lui, attire mon attention sur le travail de John Menick. Je reçois très vite le DVD de son film, et le puzzle se complète encore. Quant à Peter Fend, il me fait découvrir le travail de Mark Lombardi.
Et les projets en ligne ? Je songe à une « Salle des cartes », qui pourrait comprendre Marisa Yiu, Josh On & future farmers (theyrule.net), le projet « PDPal », John Klima, en même temps que des cartes historiques. Mais très vite, j'ai devant moi l'image du « cabinet de curiosités », du wunderkammer.
Recrutement de Paloma Schönwald comme stagiaire sur l'exposition, qui sera essentiellement attaché au catalogue avec Vincent Honoré. Autour de Marc Sanchez et d'Eric Binnert, l'équipe de l'exposition se compose d'Aurélie Voltz, Claire Staebler pour le suivi des projets des artistes. Vincent Honoré, qui pilote le catalogue, s'occupera lui aussi de quelques uns d'entre eux.

NOVEMBRE 2002

Nicolas Bourriaud : je suis en plein dans le processus de sélection des artistes. Faut-il inclure des artistes qui produisent littéralement des cartes, comme Michael Müller, Wim Delvoye, Cornelia Parker, Satomi Matoba ? Ou qui travaillent la cartographie comme forme (Christoph Fink) ? Et Jonathan Hernandez, Guillermo Kuitca ? Ou encore, autre direction, Laura Kurgan, qui travaille directement à partir du système GPS ?

J'essaie de décaler le propos : s'écarter le plus possible d'une exposition sur la cartographie, qui n'aboutirait qu'à « illustrer » un thème, ce que je déteste. Je m'oriente vers la topographie, qui comprend la carte sans s'y réduire. Quels sont les nouveaux outils topographiques ? Voilà la question qui m'intéresse.

Je pense à Sam Durant ; mais il m'obligerait à ouvrir une zone nouvelle dans l'exposition, celle de la navigation dans la culture. Son travail serait illisible dans le contexte, s'il était isolé.

SEPTEMBRE 2002

Nicolas Bourriaud : Le point de départ de l'exposition, c'est la représentation. Pourquoi les artistes continuent-ils de représenter le monde, alors qu'il leur possible à tout moment, les années quatre-vingt dix ont été fertiles de ce côté-là, d'intervenir directement dans la réalité en créant des structures parallèles à celles qui existent, en détournant la production, en s'insérant dans des programmes existants... L'exposition se présente ainsi, finalement, comme un prolongement de celle que j'ai organisée à Sète en 1999, « Le Capital (tableaux, diagrammes et bureaux d'études) », qui posait le vocabulaire de l'abstraction historique comme un outil performant pour décrire le monde contemporain, de plus en plus abstrait et infigurable. Je m'aperçois que j'ai ouvert trois chantiers, sur lesquels je travaille alternativement : celui de la représentation, qui est en jeu ici, celui des modes de production (la « Postproduction ») et celui de la sensibilité collective, avec « Traffic » (en France), « Joint ventures » ou « Touch » (aux États-Unis). Ils se croisent parfois. Trois niveaux de compréhension, trois plateaux. Ca me suffit pour le moment.

Le journal de bord de l'exposition GNS

-------------------------
Palais de Tokyo
site de creation contemporaine
-------------------------

Les artistes de GNS

Franz Ackermann - Nathan Carter - Wim Delvoye - Dominique Gonzalez-Foerster - Thomas Hirschhorn - Laura Horelli - Pierre Huyghe - Pierre Joseph - Jakob Kolding - Matthieu Laurette - Mark Lombardi - John Menick - Julie Mehretu - Aleksandra Mir - Ocean Earth - Henrik Olesen - Kirsten Pieroth - Marjetica Potrc - Matthew Ritchie - Pia Ronicke - Sean Snyder - Stalker - Simon Starling -


Les auteurs du GNS blog

Benjamin Bardinet (médiateur)
Nicolas Bourriaud (commissaire GNS)
Elodie Colin (stagiaire exposition)
David Cascaro (service des publics)
Vincent Honoré (catalogue)
Emilie Pitoiset (site web)
Maria Letizia Profiri (restauratrice)
Catherine Sentis (administratrice)
Marc Sanchez (chief curator)
Paloma Schönwald (stagiaire exposition)
Claire Staebler (assistante curator)
Aurélie Voltz (curator)
Adeline Wessang (médiatrice)

liste mise à jour le 15 juin 2003

Links

Archives