EXPOSITION / carte blanche a ugo rondinone

Avec / With : Ronald Bladen · Lee Bontecou · Martin Boyce·Joe Brainard · Valentin Carron · Vija Celmins · Bruce Conner · Verne Dawson · Jay DEFeo ·Trisha Donnelly ·
Urs Fischer · Bruno Gironcoli · Robert Gober · Nancy Grossman · Hans Josephsohn ·
Brion Gysin et William S. Burroughs · Toba Khedoori ·Karen Kilimnik · Emma Kunz ·
Andrew Lord · Sarah Lucas · Hugo markl · Cady Noland · Laurie Parsons ·
Jean-Frederic Schnyder · Josh Smith · Paul Thek ·Andy Warhol · Rebecca Warren ·
Sue Williams ·

Consulter la biographie des artistes



UNE CARTE BLANCHE INEDITE / AN INNOVATIVE CARTE BLANCHE
La carte blanche à un artiste de renommée internationale est une idée forte du directeur du Palais de Tokyo, Marc-Olivier Wahler. L'artiste, mis au centre du processus décisionnel de la programmation du Palais de Tokyo, est libre de concocter un véritable programme d'exposition. Sa vision trouve un cadre propice et une temporalité adéquate pour se déployer en un univers plastique toujours singulier. Offrant à la fois une sorte de cartographie du cerveau de l'artiste, de ses désirs et de ses influences, cette carte blanche à un artiste est l'occasion d'aborder par un biais inédit les processus de création et de recoupements esthétiques. Les artistes ne sont jamais là où on les attend. Ils portent un regard unique et éclairé non seulement sur notre réalité, notre quotidien, mais également sur les travaux de leurs contemporains.

Giving an internationally renowned artist carte blanche is a key idea that emanates from the director of the Palais de Tokyo, Marc-Olivier Wahler. Placed at the centre of the decision-making process determining the programming of the Palais de Tokyo, the artist is free to concoct an entire exhibition. His or her vision is given an auspicious setting and sufficient time to develop into a visual arts world that is always unique. As well as offering a kind of map of the artist's brain, desires and influences, giving carte blanche to an artist provides an opportunity to approach the processes of creation and aesthetic cross-referencing from a novel angle. Artists are never where we expect them to be. They look at our reality, our everyday life, but also the works of their contemporaries, in a unique and enlightened way.


UN GESTE ARTISTIQUE UNIQUE / A UNIQUE ARTISTIC GESTURE
Avec THE THIRD MIND, Ugo Rondinone nous offre un voyage unique. IRM de ses influences, de ses inclinations et de ses obsessions, l'exposition se construit comme une déambulation dans un cerveau en perpétuelle activité et plonge à la source des références et des découvertes de l'artiste. Son talent à construire des systèmes de correspondances – une aptitude qui a fait la célébrité d'Ugo Rondinone – est mis pour la première fois au service non plus de ses propres travaux, mais des œuvres d'autres artistes. Les systèmes de correspondances activés ainsi que les artistes et les œuvres choisis font de THE THIRD MIND une exposition qu'aucun curateur/historien de l'art ne pourra jamais imaginer.

With THE THIRD MIND, Ugo Rondinone offers us a unique journey. An MRI scan of his influences, inclinations and obsessions, the exhibition is constructed as a stroll through a brain in perpetual activity, going straight to the source of the artist's references and discoveries. For the first time his gift for building systems of connections – an aptitude which has made Ugo Rondinone famous – is placed at the service of the works of other artists, not his own. The systems of connections activated as well as the artists and works chosen make THE THIRD MIND an exhibition that no curator/art historian would ever have been able to dream up.


THE THIRD MIND
William S. Burroughs, l'écrivain culte de la Beat Generation, et l'artiste Brion Gysin ont élaboré la méthode du cut-up consistant à couper et réassembler divers fragments de phrases pour leur donner un sens totalement nouveau et inattendu. The Third Mind est le titre d'un livre qu'ils ont conçu ensemble selon cette méthode, dont le contenu les a si fortement impressionnés qu'ils ont pensé qu'il avait été composé par une troisième personne, un troisième auteur, synthèse de leur deux personnalités. 1+1=3. En hommage à ce livre demeuré inédit, Ugo Rondinone procède à un découpage et à un remixage du paysage artistique contemporain pour en laisser jaillir un sens inédit. THE THIRD MIND, composé des œuvres rassemblées de trente et un artistes différents, constitue ainsi une œuvre à part entière, une œuvre nouvelle et spectrale, créé par un troisième esprit, un troisième artiste, fruit de la réunion d'Ugo Rondinone et de ses choix.

William S. Burroughs, the cult writer of the Beat Generation, and the artist Brion Gysin worked out the cut-up method which consists of cutting up and reassembling various fragments of sentences to give them a completely new and unexpected meaning. The Third Mind is the title of a book they devised together following this method; they were so greatly impressed by its contents that they felt it had been composed by a third person, a third author, a synthesis of their two personalities. 1+1 = 3. In homage to this book which was never published, Ugo Rondinone sets out to cut up and remix the contemporary artistic landscape to allow a new meaning to emerge from it. THE THIRD MIND, composed from the assembled works of thirty-one different artists, constitutes a fully fledged work in its right, a new, spectral work created by a third mind, a third artist, the product of the meeting between Ugo Rondinone and his selections.


L'ÉPILOGUE DE LA PREMIÈRE SAISON / THE EPILOGUE TO OUR FIRST SEASON
En clôture d'une première saison entamée il y a un an, THE THIRD MIND constitue le dernier épisode d'une réflexion menée sur des territoires aussi déroutants qu'hétérogènes, et cependant unis par une même idée : celle d’en finir avec la "vision fenêtre" de l’art, qui considère les expositions et les œuvres comme des points fixes dans le temps et l'espace. Chaque épisode de cette première saison intègre la notion d'une programmation pensée comme un curseur, et s'inscrit dans un scénario basé sur la multiplication des interprétations, le décloisonnement des catégories intellectuelles et esthétiques et le questionnement permanent des ponts entre l'art et notre réalité. D’un espace ouvert (CINQ MILLIARDS D’ANNEES) à un espace intime (THE THIRD MIND), d'une proposition d’un commissaire (Marc-Olivier Wahler) aux visions d'un artiste (Ugo Rondinone), en passant par des artistes-commissaires (Peter Coffin et Olivier Mosset), d'expositions collectives en expositions monographiques, l'année se termine sur une exposition, où – comme lors du premier épisode – chaque œuvre s'inscrit dans un ensemble qui le dépasse et contribue ainsi à fonder une identité paradoxale, à la fois forte et insaisissable. Cette première saison aura ainsi vu le concept même d’exposition – et le Palais de Tokyo tout entier avec lui – glisser, muter, se métamorphoser et interroger sans relâche le "quotient schizophrénique" de l'art.

Closing our first season which started a year ago, THE THIRD MIND constitutes the final episode in a train of thought exploring territories that are as disconcerting as they are heterogeneous, but are nonetheless united by one and the same idea : getting shot of the "window vision" of art, which regards exhibitions and works as fixed points in time and space. Each episode of this first season integrates the notion of programming conceived of as a cursor, and is set in a scenario based on the multiplication of interpretations, the decompartmentalization of intellectual and aesthetic categories and the constant questioning of the bridges between art and our reality. From an open space (FIVE BILLION YEARS) to a private space (THE THIRD MIND), from a proposal put forward by a curator (Marc-Olivier Wahler) to the visions of an artist (Ugo Rondinone) by way of artist curators (Peter Coffin and Olivier Mosset), from collective exhibitions to solo exhibitions, the year ends with an exhibition where – as in the first episode – every work is inscribed in a whole that is greater than its parts, so contributing towards founding a paradoxical identity that is strong yet elusive. Thus this first season will have seen the very concept of the exhibition – and the entire Palais de Tokyo along with it – slipping, changing, metamorphosing and relentlessly questioning the "schizophrenic quotient" of art.



LES JEUDIS /

On ne saurait expliquer une exposition qui s'y refuse, pour reprendre les mots d'Ugo Rondinone, même si tout nous y oblige, pour reprendre ceux de Samuel Beckett - tant le désir de comprendre que le devoir de transmettre. Mais on peut essayer de se tenir fermement à l'intérieur de son absence d'explication. On peut faire un effort pour habiter sa sidération. Drogues, états modifiés de conscience, descentes d'acide hébétées… Précisément, la Beat Generation convoquée par Ugo Rondinone, à travers les figures emblématiques de Brion Gysin et William S. Burroughs, n'est pas étrangère à cette expérience vitrifiée du monde. La programmation culturelle qui accompagne The Third Mind , ainsi que les documents et les activités pédagogiques offertes au public, proposent, à son exemple, un voyage au pays du grand flip, de cut-ups en bad trips, de psychédélisme en paranoïa, de visions en cauchemars, de corps astral en "conspiration internationale du mensonge" (Burroughs), bref, des utopiques années 1960 aux sombres années 00.

Impossible to explain an exhibition that refuses to be explained, to repeat the words of Ugo Rondinone, even if everything obliges us to do so, to repeat those of Samuel Beckett* - as much the wish to understand as the duty to communicate understanding. But we can at least try to remain firmly within the absence of explanation. We can make an effort to inhabit the fact of being stunned, or stoned. Drugs, altered states of consciousness, and rather abrupt landings after trips… Precisely, the Beat Generation, conjured up through the emblematic figures of Brion Gysin and William S. Burroughs by Ugo Rondinone, is inseparable from such an experience. In the programme of cultural events that accompanies The Third Mind and the documents and educational activities offered to the public we have attempted to provide visitors with guidance to the country of highs and lows, on a journey taking them from cut-ups to bad trips, from psychedelism to paranoia, from visions to nightmares, from astral bodies to the "international conspiracy of lies" (Burroughs), in short, from the utopian Sixties to the darker Noughties.
Mark Alizart


Cut-ups
Sélection musicale de Vincent Epplay et Samon Takahashi toute la nuit du vernissage.
Opening night musical selection by Vincent Epplay and Samon Takahashi.
27 septembre 2007 / 18h-minuit.

Satanicpornocultshop
Un concert psychédélique du groupe japonais devenu maître du cut-up dans le sillage des Residents. Dans le cadre d'in famous Carousel.
Psychedelic conc ert of Residents inspired cut-up masters from Japan.

2 octobre 2007 / 20h
Sur reservation


John Giorno
Performance du grand poète sonore John Giorno.
Performance by John Giorno.
4 octobre 2007 / 19h30

The Third Mind
Autour de William S. Burroughs et Brion Gysin, avec John Giorno, Bernard Heidsieck, Françoise
Janicaud, Jean-Jacques Lebel, Gérard-Georges Lemaire et Ramuntcho Matta.

Around William S. Burroughs et Brion Gysin, avec John Giorno, Bernard Heidsieck, Françoise Janicaud, Jean-Jacques Lebel, Gérard-Georges Lemaire et Ramuntcho Matta.
11 octobre 2007 / 19h30

The Third Body
Le sexe de Burroughs, par Bruce Benderson.
Burroughs' sex, by Bruce Benderson.
18 octobre 2007 / 19h30

Robert Breer
Une programmation d'Ugo Rondinone autour d'un géant américain du cinéma d'animation expérimental.
A choice of films by Ugo Rondinone of the American master of experimental animation.
25 octobre 2007 / 19h30

Dream Machines
Les Dream Machines de Brion Gysin à expérimenter sur des reprises de Throbbing Gristle, Monte
Cazazza, Pierre Henry et des créations inédites. Avec Motus.

Brion Gysin's Dream Machines to be experimented on covers of Throbbing Gristle, Monte Cazazza, Pierre Henry and original creations by Motus.
1 novembre 2007 / 18h00-minuit

Brain Dead
Les blessures du cerveau par Catherine Malabou, philosophe.
Brain damage, neurology and psychoanalysis, by Catherine Malabou, philosopher.
8 novembre 2007 / 19h30

M.I.B
De la « conspiration internationale du mensonge » de Burroughs aux Men in Black, en passant par Sun-Ra et Juan Posadas, le grand flip de la Beat Generation par Cédric Vincent, Pacôme Thiellement et Tom McCarthy.
From Burroughs “international conspiracy of lies” to modern “Men in Black”, going through Sun-Ra and Juan Posadas, by Cédric Vincent, Pacôme Thiellement and Tom McCarthy.
15 novembre 2007 / 19h30

Stand-up Tragedy
Poésie sonore avec Jorg Piringer (Autriche) et Bryan Saunders (USA). En collaboration avec Erratum.
Performance poetry with Jorg Piringer and Bryan Saunders.
22 novembre 2007 / 19h30

Bad trips
Une petite histoire des drogues Beat et de leurs effets sur les arts plastiques, par Christoph Grunenberg, directeur de la Tate Liverpool, commissaire de l'exposition Summer of Love.
A little story of Beat drugs and of their effects on the arts, by Christoph Grunenberg, Tate Liverpool director and curator of Summer of Love.
29 novembre 2007 / 19h30

WEEDS
La saison 1 de la série sous THC inventée par Jenji Kohan.
First season of Jenji Kohan’s TV hit.
6 dEcembre 2007 / de 18h00 à minuit

Moloch
Howl d'Allen Ginsberg, récité par Carlo Brandt, sur une musique de Gabriel Scotti, Vincent Haenni et des images d'Arnaud Valadié.
Ginsberg's Howl by Carlo Brandt, Gabriel Scotti, Vincent Haenni and Arnaud Valadié.
13 decembre 2007 / 21h
Sur reservation



BIOGRAPHIE DES ARTISTES /
Par ordre d'apparition dans l'exposition

Josh Smith
Jeune peintre basé à New York, Josh Smith n'a peint qu'une chose pendant plusieurs années : son nom. Produisant une énorme quantité de toiles, il multiplie cet indice et ce symbole de son individualité jusqu'à l'épuisement total. A travers l'accumulation, la photocopie "bâclée" et la peinture, son travail suggère que ni l'original ni la copie ne peuvent exister : le premier est noyé dans une économie postfordiste de dispersion, le deuxième est compromis par la différence, l'erreur ou la main humaine. La distinction des deux est à l'horizon de son travail, qui ouvre de nouvelles possibilités pour la peinture, la question du "nouveau" et la position de l'artiste dans le réseau historique, économique et politique de l'art. En utilisant des matériaux limités, Josh Smith développe un langage artistique dans lequel l'abondance, l'humour, la collectivité, le geste et la singularité s'informent et se contredisent.
[1976] Vit à New York

Josh Smith, a young painter based in New York, painted only one thing for several years : his name. Producing an enormous quantity of pictures, he multiplied this indicator and symbol of his individuality to the point of total exhaustion. By means of accumulation, "bad" photocopies and painting, his work suggests that neither the original nor the copy can exist : the former is drowned in a post-Fordist economy of dispersion, the second is compromised by difference, error or human intervention. The distinction between the two is at the horizon of his work which opens up new possibilities for painting, the question of the "new" and the artist's position in the historical, economic and political network of art. By using limited materials, Josh Smith has developed an artistic language in which abundance, humour, collectivity, gesture and singularity inform and contradict one another.
[1976] Lives in New York


Sarah Lucas
Par le biais de la photographie, du ready-made, du collage et de la sculpture, Sarah Lucas investit l'espace avec provocation. Développant les procédés minimalistes, ses œuvres revitalisent les codes populaires et anti-bourgeois, où la question du corps tient une place majeure. Représentant crûment le corps féminin, parfois même le sien, elle dénonce les rapports hommes/femmes, le sexisme, et interroge la notion de genre et ses pouvoirs sur le quotidien. Car park (1997) met en scène une voiture accidentée, œuvre in situ, et des séries de reproduction de parking déserté qui couvrent le mur en arrière-plan. L'installation condense en elle une violence manifeste à la fois passée et à venir sous la forme d'un énigmatique récit à reconstruire.
[1962] Vit à Londres

By means of photography, ready-mades, collage and sculpture, Sarah Lucas occupies space in a provocative way. Developing minimalist processes, her works revitalise popular and anti-bourgeois codes, with the question of the body being a major preoccupation. Crudely representing the female body, sometimes even her own, Lucas denounces male/female relationships, sexism, and questions the notion of gender and its power over everyday life. Car Park (1997) features a damaged car, a site-specific installation, and a series of reproductions of a deserted car park that cover the wall in the background. The work condenses obvious violence within it, both past and future, in the form of an enigmatic story for us to reconstruct.
[1962] Lives in London


Ronald Bladen
Considéré par certains comme le père du minimalisme, l'artiste américain Ronald Bladen produit des œuvres monumentales aux formes géométriques en bois monochrome. En lien direct avec leur environnement, ces œuvres dominent l'espace muséal et en modifient l'appréhension. Avec son compatriote Tony Smith, Ronald Bladen élève l'artificiel à la taille et à la force d'un phénomène naturel. The Cathedral Evening (1971) se présente comme un vaste triangle ouvrant au-dessus du spectateur un drame aux allures d'expérience minimale alors que la géométrie plus instable de Three Elements (1965) semble frôler l'effondrement.
[1918-1988]

Regarded by some as the "father of Minimalism", the American artist Ronald Bladen produced monumental geometrically shaped works in wood. Linked to their environment, these monochromatic works dominate the museum space and alter our apprehension of it. Along with his peer Tony Smith, Ronald Bladen elevated the artificial to the stature and strength of a natural phenomenon. The Cathedral Evening (1969) takes the form of a huge triangle opening up above the viewer a drama which has the appearance of a Minimal experiment, while the less stable geometry of Three Elements (1965) seems on the verge of collapse.
[1918-88]

 

Nancy Grossman
Nancy Grossman explore le collage, la sculpture et les assemblages. Ses matériaux de prédilection comme le tissu, le cuir ou le métal délimitent un univers où la sexualité se mêle à la violence sous un jour ambigu et fascinant. Le thème du corps y est omniprésent, comme dans la célèbre série des "têtes" . Ces "têtes" de bois sculpté sont habillées de cuir noir et de formes agressives : pic, cornes, harnais de chevaux. Chaque visage masqué marque à la fois l'instrumentalisation des corps et la dissimulation de toute identité.
[1940] Vit à New York

Nancy Grossman explores collage, sculpture and assemblages. Her favourite materials, such as cloth, leather or metal, define a universe in which sexuality is mixed with violence in an ambiguous and fascinating light. The theme of the body is omnipresent, as in her famous series of "heads". These "heads" made from carved wood are clad in black leather and have aggressive shapes : a pick, horns, a horse's harness. Each masked face marks both the instrumentalization of the body as well as hidden identity.
[1940] Lives in New York


Sue Williams
Sue Williams utilise le corps humain comme outil pour ses dessins et ses peintures, le montrant de manière parcellaire et perturbatrice. Le rôle de l'homme et de la femme dans la société d'aujourd'hui, le féminisme, la sexualité : tels sont les thèmes à la racine de son travail. Une certaine violence sourd de ses œuvres, une "colère intime" comme elle le dit elle-même. Dans les œuvres présentées au Palais de Tokyo, des morceaux de corps indéfinis sont éparpillés ou mêlés en une chorégraphie à la fois érotique et macabre, agressive et satirique. D'une gestuelle improvisée, les œuvres de Sue Williams jouent avec nos instincts les plus enfouis.
[1954] Vit à Brooklyn, New York

Sue Williams uses the human body as a tool for her drawing and painting, showing it in parts and in a disturbing way. Man's and woman's role in today's society, feminism, and sexuality : such are the themes at the root of her work from which a certain violence surges, an "intimate anger,"as she herself puts it. In the works exhibited at the Palais de Tokyo, indefinite body parts are scattered or included in a choreography that is simultaneously erotic and macabre, aggressive and satirical. With improvised gestures, Sue Williams' works play on our deepest instincts.
[1954] Lives and works in Brooklyn, New York


Bruno Gironcoli
Bruno Gironcoli se consacre à la sculpture et aux assemblages de matières brutes et métalliques. Par la transformation d'objets ludiques et de symboles, souvent liés à la sexualité, les thèmes de l'aliénation et de l'absurde s'imposent dans l'espace. Ses œuvres monumentales, généralement sans titre, ont été présentées, entre autres, à la Biennale de Venise en 2003. Les teintes grises, argentées, chromées ou brillantes de leur surface dessinent des contours effilés et des formes évidées qui s'entremêlent. Les géants de Bruno Gironcoli, sculptures organiques et machiniques, sont autant de formes improbables qui semblent dotées d'une vie secrète.
[1936] Vit à Vienne

Bruno Gironcoli devotes his time to sculpture and assemblages of raw and metallic materials. Through the transformation of play objects and symbols, often associated with sexuality, the themes of alienation and the absurd are imposed in space. His monumental and generally untitled works were presented at the 2003 Venice Biennale, among other places. The grey, silver, chrome or shiny hues of their surfaces outline slender contours and hollowed-out shapes that intermingle. Gironcoli's giant organic and mechanical sculptures are improbable forms that seem to be endowed with a secret life.
[1936] Lives in Vienna


Cady Noland
L'œuvre de Cady Noland apparaît comme une sorte d'anthropologie sociale des États-Unis, de ses idéaux et des aspects les plus violents de sa réalité. En conservant une apparence objective, pseudo-scientifique, son art n'énonce pas de jugement moral mais s'attache à décrypter les signes de cette violence à travers la rhétorique de l'image médiatique et ses effets de pouvoir potentiel. Présentées ici, ses sérigraphies d'images et de couverture de presse sur panneaux de bois ou de métal, rappellent formellement les pancartes des kiosques à journaux qui exhibent les unes de magazines. Cady Noland conçoit ainsi une sculpture abstraite, minimaliste, mais aussi lourdement chargée culturellement.
[1956] Vit à New York

Cady Noland's work can be likened to a social anthropology of the United States, its ideals and the most violent aspects of its reality. Maintaining an objective and pseudo-scientific appearance, her art does not pronounce any moral judgment but attempts to decipher the signs of this violence through the rhetoric of the media image and the effects of its potential power. Presented here, her silk screens of images and magazine covers on wood or metal panels recall in a formal way newspaper stands' signs exhibiting such magazine covers. Cady Noland thus creates a minimalist and abstract sculpture laden with cultural meaning.
[1956] Lives and works in New York


Trisha Donnelly
Utilisant à la fois la vidéo, le son, la photographie, le dessin ou la performance, Trisha Donnelly explore la question de l'art. Son travail mystérieux échappe à toute formalisation globale et laisse le spectateur suivre le fil décousu de narrations à peine évoquées, encore moins expliquées. Elle présente au Palais de Tokyo une installation sonore, qui se fait entendre de pièce en pièce, se laissant poursuivre mais ne pouvant jamais être rattrapée. Très poétiques, les interventions de Trisha Donnelly laissent le spectateur dans un état second, témoins du pouvoir captivant de ses invocations.
[1974] Vit et travaille à San Francisco

Simultaneously using video, sound, photography, drawing and performance, Trisha Donnelly explores the question of art. Her mysterious work eludes any overarching shape and allows the spectator to follow unconnected threads of stories that are both barely alluded to and unexplained. The sound installation she is presenting at the Palais de Tokyo allows the visitor to follow the sound from one space to another but without ever being able to catch it! Trisha Donnelly's work is very poetic, putting the spectator in a kind of trance that speaks to the captivating power of her invocations.
(1974) Lives and works in San Francisco


Verne Dawson
Verne Dawson s'inspire des mythes de la création, de la culture populaire et du folklore pour composer ses peintures. En inventant un univers fantastique, faussement naïf, Verne Dawson tente de revitaliser le lien qui unit l'homme à sa condition primaire de dépendance à la nature. Dans la série de peintures présentée au Palais de Tokyo, Verne Dawson nous invite à revisiter l'origine des noms des jours de la semaine. Lié au mouvement des planètes et des étoiles (lundi : jour de la Lune, mardi : jour de Mars, etc.), chaque jour est par ailleurs associé à la personnalité des divinités gréco-romaine.
[1961] Vit à New York

Verne Dawson draws inspiration from creation myths, popular culture and folklore in composing his paintings. By inventing a fantastical, faux-naive universe, he revitalises the links that unite man to his primary condition of being dependent on nature. In the series of paintings presented at the Palais de Tokyo, Verne Dawson invites us to revisit the origin of the names of the days of the week. As well as being linked to the movement of the planets and the stars (Monday, day of the Moon, Tuesday under the sign of Mars, etc.), every day is associated with the personality of one of the Greco-Roman deities.
[1961] Lives in New York


Rebecca Warren
Le travail de Rebecca Warren déjoue les codes de la sculpture figurative en produisant des masses informes et vaguement anthropomorphes. Déroutant et déstructuré, son travail s'attache à contourner les clichés de la représentation en usant de la matière avec une énergie troublante. SHE est une série de femmes, de taille surdimensionnée, en argile crue. Ces sculptures aux formes démesurées sont visiblement agressives, grotesques, voire vulgaires, mais aussi étrangement sensuelles et amusantes. Se jouant des fantasmes de l'imaginaire masculin, ces déesses contemporaines de la fertilité ou superwomen archaïques, exaltent également la sexualité féminine sous un jour monstrueux.
[1965] Vit à Londres

Rebecca Warren's work outwits the codes of figurative sculpture by producing shapeless or vaguely anthropomorphic masses. Disconcerting and deconstructed, her work sets out to circumvent the clichés of representation by consuming material with a disturbing energy. SHE is a series of oversized women made of unfired clay. These sculptures with their outsize developments are visibly aggressive, grotesque, vulgar even, but also strangely sensuous and amusing. Mocking the fantasies of the masculine imagination, these contemporary goddesses of fertility or archaic superwomen exalt female sexuality in a monstrous light.
[1965] Lives in London


Vija Celmins
Née en Lettonie, mais contrainte à l'exil sous la menace soviétique dès son plus jeune âge, Vija Celmins est une des figures de proue du mouvement Hyperréaliste. Influencée par des expériences liées à la fois à son histoire personnelle et au contexte politique de son époque, elle commence par faire de la peinture expressionniste abstraite pour ensuite développer une technique de dessin extrêmement minutieuse. En 1968, elle commence sa série de toiles et de dessins du ciel étoilé d'après des photographies. Les galaxies, les comètes et les champs d'étoiles se concentrent et explosent selon deux mouvements apparemment contradictoires, ici exploités sur la même surface. Les effets de gris ou de noirs sont denses, veloutés, charbonneux, servant de fond à des centaines de points blanc. La patience et la précision de son observation donnent lieu à un infini de possibles inépuisables.
[1938] Vit à New York

Born in Latvia but forced into exile from early infancy because of the Soviet threat, Vija Celmins is one of the figureheads of the Hyperrealist movement. Influenced by experiences linked both to her personal story and the political context of her period, she started off doing abstract expressionist painting, then developed an extremely meticulous technique of drawing. In 1968 she started her series of paintings and drawings of the starry sky, based on photographs. The galaxies, comets and fields of stars concentrate and explode in accordance with two seemingly contradictory movements, here exploited on the same surface. The effects of greys or blacks are dense, velvety, coal-like, serving as a background for hundreds of white dots. The patience and precision of her observation give rise to an infinite number of inexhaustible options.
[1938] Lives in New York


Brion Gysin / William S. Burroughs
Brion Gysin, peintre, écrivain, et auteur de poésie sonore, est le célèbre inventeur de la Dream Machine, qui provoque des états de conscience modifiée. A la fin des années 1950, Brion Gysin développe la technique du cut-up, initiée par Tristan Tzara et les surréalistes. Découper, coller, répéter les mots ou les morceaux de phrases, devient une pratique que Brion Gysin adapte à la peinture et au cinéma. A la même époque, la rencontre avec l'écrivain culte de la Beat Generation, William S. Burroughs produira de nombreuses créations artistiques. Dans ses écrits souvent autobiographiques, William S. Burroughs destructure la tendance du langage à la standardisation et la systématisation. Les délires hallucinatoires, accentués par l'utilisation du cut-up, déplacent les frontières du réel et laissent derrière elles une raison vacillante.
[1914-1986] / [1914-1997]

Brion Gysin, a painter, writer and author of sound poetry, was the famous inventor of the Dream Machine, which gives rise to altered states of consciousness. At the end of the 1950s, Gysin developed the technique of the cut-up, first initiated by Tristan Tzara and the Surrealists. Cutting up, gluing, repeating words or parts of sentences became a practice which Gysin adapted to painting and cinema. During the same period, his encounter with William S. Burroughs, the cult writer of the Beat Generation, resulted in many artistic creations. In his often autobiographical writings, Burroughs deconstructs language's tendency towards standardisation and systematisation. Hallucinatory ecstasies, accentuated by the use of the cut-up, shift the frontiers of reality and leave reason vacillating in their wake.
[1914-1986] / [1914-1997]


THE THIRD MIND
The Third Mind est le fruit de la rencontre de deux explorateurs de la psyché, une collaboration qui s'est voulue totale et illimitée. Composé de collages de matériaux très divers, article de journaux, images, plans, etc., ce projet original de planches pour l'édition ne verra pas le jour en l'état, mais constitue un modèle exemplaire d'une tentative de fusion de deux âmes pour créer une "troisième entité".
Inspiré par la méthodologie mécanique et subversive du cut-up développée par Brion Gysin et William Burroughs et reprenant le titre de leur livre pour son exposition, Ugo Rondinone réactive dans le champ curatorial cette pratique qui, d'œuvre en œuvre, dessine un paysage complexe et imprévisible. De l'ensemble de cet assemblage à la fois réfléchi et impromptu, émerge un "troisième esprit" à la fois omniprésent et insaisissable, figure emblématique des associations libres et des fantasmes collectifs.

The Third Mind, a work constructed like the maquette of a book, is the outcome of the meeting of two explorers of the psyche, a collaboration which set out to be total and unlimited. Composed of collages of very diverse materials, newspaper articles, images, plans, etc., this original project of plates for publication would not be published as such, but constitutes a textbook model of an attempt by two minds to merge to create a "third entity". Inspired by the mechanical and subversive methodology of the cut-up developed by Brion Gysin and William Burroughs for their unpublished book The Third Mind, and adopting its title for his exhibition, Ugo Rondinone reactivates this practice in the curatorial field : from work to work, it draws a complex and unpredictable landscape. From the totality of this both carefully thought-out and impromptu assemblage there emerges a "third mind" that is both omnipresent and elusive, an emblematic figure of free associations and discreet resonances.


Andrew Lord
Andrew Lord, sculpteur et dessinateur, modèle le plâtre qu'il mêle à la cire d'abeille et à la térébenthine. Cette matière lumineuse, mate et granuleuse, donne aux objets (vases, amphore, etc.) et aux fragments de personnage, parfois mi-homme, mi-objet, une patine lisse et très tactile. Une douceur semble caresser ces formes à l'aspect organique et tranquille. Les détails des sculptures sont minutieusement ouvragés, laissant place aussi à l'imperfection que donnent la vie et le mouvement.
[1950] Vit à New York

Andrew Lord, a sculptor and graphic artist, models plaster that he mixes with beeswax and turpentine. This bright, matt, grainy material gives the objects (vases, amphorae, etc.) and fragments of people, (sometimes half-man, half-object) a smooth and tactile patina. These organic and quiet-looking forms seem to be caressed by gentleness. The details of the sculptures are meticulously worked, also leaving room for the imperfection imparted by life and movement.
[1950] Lives in New York


Urs Fischer
Urs Fischer trouve ses sujets et ses matériaux dans la vie quotidienne. En les transformant en objets et en sculptures, il détourne leur fonctionnalité d'origine en multipliant avec humour les angles de vues inattendus. Madame Fisscher (1999/2000) était le studio de l'artiste lors de sa résidence à Londres. A son retour en Suisse, l'artiste a rapatrié l'intégralité du studio et de ce qu'il contenait : œuvres, matériaux divers, murs et planchers, pour en faire une installation. Véritable ready-made du processus de création, l'œuvre fonctionne comme une mise en abyme du travail de l'artiste.
[1973] Vit entre Los Angeles, Zurich et Berlin

Urs Fischer finds his subjects and his materials in everyday life. By transforming them into objects and sculptures, he diverts them from their original function by humorously multiplying the unexpected view-points. Madame Fisscher (1999/2000) was the artist's studio during his residency in London. On his return to Switzerland, the artist repatriated the entire studio and all it contained – works, various materials, walls and floors – to turn it into an installation. A true ready-made of the process of creation, the work functions as a picture within a picture of the artist's work.
[1973] Lives in Los Angeles, Zurich and Berlin


Jean-Frederic Schnyder
Jouant des effets de kitsch et faisant référence à l'histoire de l'art comme à diverses pratiques populaires, Jean-Frédéric Schnyder construit un univers où le quotidien est sans cesse perturbé avec un humour caustique. Ses œuvres sculpturales ou picturales appartiennent toujours à un contexte social et historique dont elles perturbent les attentes de manière plus ou moins virtuose ou bricolée.Dans la série Wartesäle ("Salle d'attente"), Jean-Frédéric Schnyder suspend toute temporalité. Dans le retrait des gares ferroviaires suisses, ces lieux de passage que sont les salles d'attente sont vidés de toute présence, comme une absence qui viendrait habiter le médium même de la peinture.
[1945] Vit à Zoug, Suisse

Playing with the effects of kitsch and referring to the history of art and various popular practices, Jean-Frédéric Schnyder constructs a universe in which the everyday is incessantly disturbed with a caustic humour. His sculptural and pictorial works always belong to a social and historical context, but disconcert our expectations in a more or less virtuoso or improvised way. In the series Wartesäle (Waiting-rooms) Jean-Frédéric Schnyder suspends all temporality. Hidden away in Swiss railway stations, the places of transit that waiting-rooms represent are emptied of any presence, like an absence that might come and inhabit the medium of painting itself.
[1945] Lives in Zoug, Switzerland


Emma Kunz
Guérisseuse, chercheuse, artiste, Emma Kunz occupe une place très particulière dans l'histoire de l'art. Elle-même définit son travail atypique comme "stylisation et forme en tant que mesure, rythme, symbole et métamorphose du nombre et du principe". On lui doit la découverte de l'Aion A, roche guérisseuse originaire de Würenlos en Suisse, dont elle se servit sa vie durant pour soigner divers maux. Ses œuvres sont le résultat de ses recherches, sans titres ni dates, de grands dessins géométriques réalisés à la mine de plomb, aux crayons de couleur ou à la craie sur papier millimétré – autant de "champs magnétiques" liés à sa pratique hors norme de la médecine et de l'art, via des forces énergétiques et spirituelles. Des œuvres toujours d'actualité plus de quarante ans après sa mort.
[1892-1963]

A healer, researcher and artist, Emma Kunz occupies a very special place in art history. She herself defined her atypical work as "stylisation and form as the measure, rhythm, symbol and metamorphosis of number and principle". The discovery of Aion A, a healing rock originating from Würenlos in Switzerland is due to her, and she used it throughout her life to tend various illnesses. Her works are the result of her researches and have no titles or dates - large geometric drawings done with lead pencil, coloured pencils or chalk on graph paper, all or them "magnetic fields" linked to her non-standard practice of medicine and art, using energetic and spiritual forces. Works that are still topical more than forty years after her death.
[1892-1963]


Paul Thek
En travaillant de manière extrême avec l'espace et la matière, Paul Thek devient dans les années 1970 un des pionniers de "l'installation" . Ses environnements refusent les limites traditionnelles de l'art. S'éloignant du calme et du froid des artistes minimalistes ou conceptuels, il se tourne vers l'excessif et le brutal. Tôt dans sa carrière, il crée ses séries de "Meat Pieces" , fragments de corps en cire et renfermés dans des vitrines en plexiglas jaune-transparent. Ces "morceaux de viande" répondent non seulement aux formes trop propres du minimalisme et du Pop art, mais symbolisent aussi la révulsion de l'artiste à l'endroit de la guerre du Vietnam.
[1933-1988]

By working in an extreme way with space and materials, Paul Thek became one of the pioneers of "installation" in the 1970s. His environments reject the traditional limits of art. Distancing himself from the calm and coldness of Minimalist or Conceptual artists, he turned towards the excessive and the brutal. Early on in his career, he created his "Meat Pieces" series, fragments of bodies in wax, enclosed in yellow transparent Plexiglas showcases. Not only do these "meat pieces" respond to the excessively clean forms of Minimalism and Pop Art, they also symbolise the artist's revulsion over the Vietnam war.
[1933-1988]


Toba Khedoori
Toba Khedoori s'attache aux éléments urbains et architecturaux, déplacés de leur contexte et de leur origine. Sur de très grands formats, se détachent avec précision des escaliers, des maquettes ou encore des objets du quotidien. Nulle présence humaine sur ces œuvres, laissant le spectateur se débattre avec un no man's land à la fois inquiétant et délicat. Sur la feuille de papier, une couche de cire recouvre des dessins faits à l'encre, jouant sur une solitude de laquelle toute vie a disparu. D'aspect minimaliste, les œuvres de Toba Khedoori possèdent un raffinement d'une grande sobriété, tant dans les sujets choisis que dans les techniques utilisées.
[1964] Vit à Los Angeles

Toba Khedoori focuses on urban and architectural elements removed from their context and origin. Stairways, models or every-day objects are clearly delineated on very big formats. There is no human presence in these works, leaving the spectator alone in a no man's land that is both anxiety-producing and delicate. On a sheet of paper is a layer of wax covering ink drawings, playing on a solitude in which all life has disappeared. Toba Khedoori's works are minimalist and display techniques and subjects of a sober refinement.
[1964] Lives and works in Los Angeles


Robert Gober
Grâce à Robert Gober, les objets ordinaires du quotidien tels que les portes, les éviers, des lits d'enfants ou diverses parties du corps deviennent étranges et énigmatiques. Un malaise indistinct s'échappe de ces œuvres à l'apparente simplicité qui touchent, par des biais subtils, à l'enfance, la sexualité, la ségrégation ou encore la religion. Méticuleusement sculptés à la main, les éviers de Gober sont, à l'inverse de la fameuse Fontaine de Marcel Duchamp auxquels ils font immédiatement penser, des objets troubles et parfaitement maîtrisés où le bizarre se loge dans une tuyauterie tordue ou un amas de cheveux dans un conduit.
[1954] Vit à New York

With Robert Gober, ordinary everyday objects such as doors, sinks, children's beds or various parts of the body become strange and enigmatic. A vague malaise arises from these seemingly simple works which subtly touch on childhood, sexuality, segregation or even religion. Meticulously sculpted by hand, Gober's sinks, unlike Marcel Duchamp's famous Fountain that comes immediately to mind, are uneasy, perfectly controlled objects where the bizarre resides in contorted plumbing and a pile of hairs in a duct.
[1954] Lives in New York


Martin Boyce
Sculpteur, designer, Martin Boyce intègre ses œuvres dans l'espace physique, celui que l'on occupe par sa simple présence, mais aussi l'espace psychologique et émotionnel. Imprégné par l'univers urbain, son travail construit des ambiances de vie intérieure, à l'aide d'un langage visuel parfois directement issu du design. Proche de la création de mobilier, Martin Boyce choisit cependant d'investir tout l'espace et non de se concentrer sur la création d'objets utilitaires. Reliant les espaces urbains extérieurs et l'espace intérieur des salles d'exposition, Martin Boyce nous invite à prendre le temps de circuler dans ses installations qui sont autant de paysages imaginaires.
[1967] Vit à Glagow

Martin Boyce is a sculptor and designer who integrates his works into physical space – the space we occupy by our mere presence, but also psychological and emotional space. His work is imbued with the urban universe, and constructs ambiances of indoor life, with the help of a visual language that sometimes comes straight from design. While he is close to furniture design, Martin Boyce nonetheless chooses to invest the entirety of spaces, not concentrating on the design of utilitarian objects. Linking outside urban spaces to the internal space of exhibition galleries, Boyce invites us to take the time to move around in his installations, each of them an imaginary landscape.
[1967] Lives in Glasgow, Scotland


Laurie Parsons
Pendant les années 1980, Laurie Parsons collectionne des objets qu'elle trouve lors de ses promenades dans des lieux urbains, industriels, ou naturels, en particulier dans le New Jersey. Elle les ramène dans son atelier, vit avec, et parfois en fait des œuvres d'art. Des bouts de bois, une pile de charbon, une veille valise… Elle commence ensuite à ramasser non pas un objet, mais toute une section de paysage pour créer des tas de détritus variés. Elle s'insère dans la structure du monde de l'art de manière souvent subversive : par exemple, en laissant une galerie vide ou en invitant toute la population d'une ville dans un musée ; en invitant les spectateurs à se servir dans une pile de billets de 10cm ; en demandant aux gardiens d'interpréter les œuvres pour les visiteurs ; en faisant circuler des rumeurs, etc. Depuis une quinzaine d'années, Laurie Parsons a choisit de se retirer du monde de l'art, s'est mise à l'écriture, travaille avec des organisations qui aident les malades mentaux et ne dit plus à personne qu'elle a été artiste.
[1959] Vit à Hoboken, New Jersey

During the 1980s Laurie Parsons collected objects she found on her walks in urban, industrial or natural places, especially in New Jersey. She brought them back to her studio, lived with them for a while, and sometimes turned them into works of art. Pieces of wood, a heap of coal, an old suitcase… She then started putting together not objects, but a whole section of landscapes to create piles of varied detritus. She often made her mark in the structure of the art world in a subversive manner : for example, by leaving a gallery empty, or living in a museum and inviting the entire population of a town in, inviting onlookers to help themselves to notes from a 10-cm-high pile of dollar bills, asking the attendants to interpret the works for visitors, spreading rumours, etc. About fifteen years ago Laurie Parsons chose to withdraw from the art world, started writing, has been working with organizations that help the mentally ill, and no longer tells anyone that she was an artist.
[1959] Lives in Hoboken, New Jersey


Jay DeFeo
Connue pour sa fameuse toile The Rose (1958-66), réalisée avec environ une tonne de peinture blanche et grise, mesurant plus de 3 mètres par 2, et d'une épaisseur de plus de 25cm (rendant la peinture quasi sculpturale), Jay DeFeo est une artiste qui cherche la pesanteur et le volume, mais aussi la nature et l'effort. Ses œuvres ont la profondeur d'une histoire mythique dont le spectateur ne verrait que la partie émergée. Après avoir pratiqué la photographie pendant une quinzaine d'années, l'artiste est revenue à la peinture en 1982 pour prolonger une méditation sur la matérialité, la surface, l'abstraction et le destin des formes symboliques.
[1929-1989]

Known for her famous painting The Rose (1958-66), made using about a ton of white and grey paint, measuring over 3 metres by 2 metres and with a thickness of over 25 cm (making the painting almost sculptural), Jay DeFeo was an artist who looked for the weight, volume, transformed surface and attenuated colour of nature and physical endurance. Her works have the depth of a mythical story, with the viewer seeing only the part that has emerged. After doing photography for approximately fifteen years, the artist turned back to painting in 1982 and extended her thinking about materiality, surface, abstraction and the symbolic evolution of forms.
[1929-1989]


Bruce Conner
Depuis les années 1950, Bruce Conner produit des films, des peintures, des assemblages, des dessins, des sculptures, des collages, des estampes, et des photographies. Ses premiers films utilisent la technique du collage et du "sampling" de films trouvés et sont considérés comme les précurseurs des vidéo-clips. A travers cette multitude de supports, ses œuvres cherchent souvent les dimensions physiques, métaphoriques, et métaphysiques de la lumière. Entre 1973 et 1975, Conner réalise sa série des Angel, photogrammes à taille réelle, images éthérées et hantées par son propre corps flottant dans un espace noir et indéfini.
[1933] Vit à San Francisco

Since the 1950s Bruce Conner has been producing films, paintings, assemblages, drawings, sculptures, collages, prints and photographs. His first films used the collage and "sampling" technique of found films and are regarded as the precursors of music videos. Through this multitude of supports, his works often explore the physical, metaphorical and metaphysical dimensions of light. Between 1973 and 1975, Conner made his series of Angels, real-size photograms, ethereal images haunted by his own body floating in a black, undefined space.
[1933] Lives in San Francisco


Hugo Markl
Hugo Markl puise directement dans sa vie quotidienne pour faire œuvre. Il transforme des impressions et des matériaux qui le captivent et l'intriguent, pour les restituer sous forme de vidéos, sculptures et divers assemblages. Ses œuvres naissent là où il les fabrique, car Hugo Markl ne se définit pas comme un artiste d'atelier. Par ses collages, l'artiste autrichien réalise de nouvelles unités, à partir de fragments de formes prélevés dans des magazines et des journaux. Ces éléments disparates assemblés semblent véhiculer des messages qui restent souvent ambivalents et mystérieux.
[1964] Vit à Vienne

Hugo Markl draws directly on his everyday life to create his works. He transforms impressions and materials that captivate and intrigue him by reconstituting them in the form of videos, sculptures and various assemblages. His works are born in the place where they are made because Markl does not define himself as a studio artist. Through his collages, the Austrian artist makes new entities from fragments of forms taken from magazines and newspapers. These disparate assembled elements seem to convey messages that often remain ambivalent and mysterious.
[1964] Lives in Vienna

 

Hans Josephsohn
Sculpteur, Hans Josephsohn questionne le corps par une technique originale, le plâtre étant travaillé avec vigueur avant d'être coulé dans le bronze. La matière, pétrie en amas, dissimule l'identité des personnages en les noyant dans une masse anthropomorphe. Malgré une apparence lourde et massive, une présence subtile se dégage de ces êtres alanguis. Leurs formes généreuses et immobiles semblent animées par d'imperceptibles mutations qui les rendent à la fois fascinantes et repoussantes.
[1920] Vit à Zurich

Hans Josephsohn is a sculptor who questions the body using an original technique : the plaster cast is vigorously worked before being cast in bronze. The material, kneaded into a heap, conceals the identity of the characters by drowning them in an anthropomorphic mass. In spite of a heavy, massive appearance, a subtle presence emanates from these languid creatures. Their generous, motionless forms seem animated by imperceptible mutations which render them both fascinating and offputting.
[1920] Lives in Zurich

 

Lee Bontecou
Utilisant le langage de l'abstraction, le travail intime et étrange de Lee Bontecou mêle le figuratif, l'organique et le mécanique comme autant de paliers entre le naturel et l'artificiel. Dans ses sculptures murales en trois dimensions, des fragments de toiles et d'autres matériaux sont tendus et façonnés sur des cadres souples et métalliques. Un espace en profondeur surgit de ces objets et nous renvoie vers des références organiques et féminines, vers le sublime, le mystérieux ou l'extra-terrestre, mais aussi vers l'angoisse d'un monde artificiel, grotesque et mutilé. Les frontières entre la beauté et la laideur, la nature et la guerre, la terre et le ciel, la femme et l'homme sont brouillées au profit d'une intense sensation de vie.
[1931] Vit à Orbisonia, Pennsylvanie

Using the language of Abstraction, the intimate and strange work of Lee Bontecou mixes the figurative, the organic and the mechanical like so many states of transformation between the natural and the artificial. In her three-dimensional mural sculptures, fragments of canvases and other materials are stretched and shaped together over flexible and metallic frames. A space with depth emerges from these objects, making us think of organic and feminine references, the sublime, the mysterious or the extraterrestrial, but also the anguish of something artificial that is grotesque and mutilated. The frontiers between beauty and ugliness, nature and war, earth and sky, woman and man are blurred in favour of an intense feeling of life.
[1931] Lives in Orbisonia, Pennsylvania


Joe Brainard
Dans les années 1960 et 1970, Joe Brainard, artiste et poète, a produit un grand nombre d'œuvres (collages, peintures, travaux d'écriture, décors de théâtre et costumes de danse, etc.) avant de s'arrêter mystérieusement de créer au milieu des années 1980. Les motifs développés par Joe Brainard (fleurs, Madones, tatouages corporels, etc.) frôlent le registre du décoratif en jouant avec les détails par des couleurs fraîches et lumineuses, qui séduisent l'œil non sans humour. Décédé en 1994, sa première rétrospective a été organisée en 2001 au Berkeley Museum of Art.
[1942–1994]

In the 1960s and 1970s Joe Brainard, an artist and a poet, produced a large number of works (collages, paintings, written works, stage sets, dance costumes, etc.) before mysteriously stopping in the mid-1980s. The motifs developed by Brainard (flowers, Madonnas, body tattoos, etc.) are on the fringes of the decorative register, playing with details by means of bright, luminous colours that appeal to the eye and are not devoid of humour.
[1942–1994]


Andy Warhol
Icône de l'art contemporain, Andy Warhol a intégré au cœur de sa pratique artistique les paradoxes de la société de consommation. Les processus de reproduction, de fétichisme et d'industrialisation alimentent les sérigraphies, les peintures et les films de l'artiste qui pousse à son paroxysme le rapport frontal du spectateur à la seule apparence. Le Pop Art prend sous Andy Warhol une tournure à la fois glamour et iconoclaste. Entre 1964 et 1966, il produit des centaines de Screen Tests, films de trois minutes où ses amis sont considérés comme des stars en puissance. Face à la caméra, ces personnages doivent rester immobiles, livrant à l'impuissance la mise en scène de leur hypothétique célébrité. Cette accumulation de personnalités transforme l'identité et la subjectivité en images anonymes et infinies, comme autant d'objets trouvés, véritable matière brute d'une culture médiatisée. On y reconnaît, entre autres, Edi Sedgwick, Susan Sontag, Nico, John Giorno, Jonas Mekas, Gérard Malanga, Jack Smith, Paul Thek, Lou Reed et Marcel Duchamp.
[1928-1987]

An iconic figure in contemporary art, Andy Warhol made the paradoxes of the consumer society central to his artistic practice. The processes of reproduction, fetishism and industrialisation underlie the screenprints, paintings and films of this artist who pushed the frontal relationship of the spectator to mere appearance to its ultimate. Pop Art in the hands of Andy Warhol took a turn that was both glamorous and iconoclastic. Between 1964 and 1966, he produced hundreds of Screen Tests, three-minute films in which his friends are regarded as potential stars. In front of the camera, they are asked to remain motionless, making the staging of their hypothetical fame powerless. This accumulation of personalities transforms identity and subjectivity into anonymous, endless images, like so many objets trouvés, the genuine raw material of a mediatized culture. Among those who can be recognized are Edi Sedgwick, Susan Sontag, Nico, John Giorno, Jonas Mekas, Gerald Melanga, Jack Smith, Paul Thek, Lou Reed and Marcel Duchamp.
[1928-1987]


Valentin Carron
Valentin Carron exploite l'iconographie de la culture vernaculaire suisse. Les objets, images, symboles et coutumes de la culture rurale apparaissent dans ses œuvres sous formes détournées et souvent humoristiques. La perception d'une Suisse pure et parfaite – avec ses montagnes, chalets, forêts, églises – est mise à mal par l'artiste qui oscille entre la célébration et la critique. Ses sculptures de croix combinent le langage de la religion et celui de l'abstraction minimale en libérant l'objet d'un sens fixe grâce à une stratégie de reproduction. Mais bien que l'artiste joue avec l'authenticité, l'artisanat, le ready-made, le monument commémoratif ou l'esthétique kitsch, ses objets restent trop ambigus pour appartenir à une seule idéologie.
[1977] Vit à Fully, Suisse

Valentin Carron avails himself of the iconography of Swiss vernacular culture. The objects, images, symbols and customs of rural culture appear in his works in misappropriated and often humorous forms. The perception of a pure and perfect Switzerland – with its mountains, chalets, forests and churches – is undermined by the artist who oscillates between celebration and criticism. His sculptures of crosses combine the language of religion and that of minimal abstraction, freeing the object of a fixed meaning by means of a strategy of reproduction. But although the artist plays games with authenticity, craftsmanship, ready-mades, commemorative monuments or kitsch aesthetics, his objects remain too ambiguous to be part of a single ideology.
[1977] Lives in Fully, Switzerland


Karen Kilimnik
Le travail fascinant de Karen Kilimnik trouve son origine au croisement des contes de fées et de l'actualité des stars d'aujourd'hui. Princesse idéale et icône du cinéma sont mis en situation dans des univers à la fois baroques et précieux. Peintures à l'huile, décors chargés et installations historiques sont dans son travail indissociables de son intérêt pour la peinture ancienne et de sa passion pour les têtes couronnées et la vie des célébrités. Entre fantaisie et fantastique, vieille Europe et Hollywood, sa grande maîtrise de la peinture s'attache à une vision sophistiquée qui plonge le visiteur dans un univers parallèle séduisant.
[1955] Vit à Philadelphie

Karen Kilimnik's fascinating work is at the intersection of fairy tales and today's movie stars. The idealized princess and the cinema icon are portrayed in both baroque and precious universes. Oil paintings, busy sets and historic installations cannot be dissociated from her interest in painting and her passion for the royalty and celebrities' lives. Between whimsy and fantasy, old Europe and Hollywood, her painting mastery relates to a sophisticated vision, plunging the viewer into a seductive parallel universe. (Details of the work to come)
[1955] Lives and works in Philadelphia






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